Des pétitionnaires coupent et avalent le bout de leurs doigts

Une histoire digne d’un roman. Pourtant, l’affaire s’est passée au cœur de la capitale chinois dimanche. Quatre pétitionnaires ont coupé et avalé l’extrémité de leurs doigts dans une tentative désespérée d’attirer l’attention sur leur cause, ont rapporté les médias nationaux jeudi.
Les hommes originaires de la province du Hunan avaient fait le voyage jusque dans la capitale dans le but de trouver une solution à la dispute qu’ils rencontrent avec leur ancien employeur. Les quatre affirment que leur patron les aurait licencié sur de fausses accusations, a indiqué le journal en langue anglaise, Global Times.
Selon le rapport, les hommes se sont rassemblés samedi dernier à l’Université Tsinghua, l’une des facultés les plus estimées du pays. Après quelques minutes, ils ont posé leurs mains sur des livres disposés sur le trottoir. Devant une centaine de spectateurs, ils ont ensuite fait tomber un couperet sur l’extrémité de leurs doigts avant de les avaler.
‘Je me suis senti calme en le faisant’, a déclaré Li Bo au Global Times, ‘nous avons tellement été repoussé’.
Les quatre ont ensuite été rapidement emmené par le police qui l’est aurait forcé à quitter la capitale.
Ce cas illustre les mesures désespérées auxquels certains Chinois ont recours pour faire entendre leur voix et mettre la lumière sur leurs griefs après avoir été ignorés par les gouvernements locaux et les cours de justice.
Au cours de l’année 2009, des protestataires se sont immolés par le feu et ont mis fin à leurs jours pour empêcher la démolition forcée de leurs domiciles ou de leurs sociétés. Des cas qui ont choqué la nation.
Selon Li Bo, les quatre hommes auraient été licenciés en décembre 2008 par le bureau de l’électricité de Yongzhou, dans le Hunan, pour absentéisme. Des accusations que les pétitionnaires rejettent. Ils ont alors tenté de faire entendre leur cas auprès du bureau des conflits du travail, qui leur a fermé leur porte, les accusant de n’avoir jamais travaillé pour le bureau de l’électricité.
Le mois dernier, les contestataires avaient déposé une plainte contre leur ancien employeur mais une cour du Hunan l’aurait rejeté. Les quatre auraient également reçu des menaces de mort par des officiels du gouvernement local du Hunan sans qu’aucune entité légale n’a accepté d’y répondre. Après avoir eu recours aux quatre actions légales pour les citoyens Chinois, ils auraient décidé de se rendre à Pékin en dernier recours.
Dans un système datant de l’époque impériale, les Chinois peuvent faire appel aux autorités de Pékin dans les cas d’injustice et de disputes non résolues. Cependant, de nombreux pétitionnaires se plaignent du manque de réponse apporté à leurs préoccupations, tandis que d’autres auraient été détenus par les autorités et jetés hors de la capitale.
Illustration AFP