Vendredi 10 Septembre 2010ÉDITION FRANçAISE
La stratégie de Google en Chine aurait-elle fonctionné ? Après six mois d’une longue dispute avec les autorités chinoises, Pékin a confirmé vendredi avoir renouvelé la licence nécessaire à Google pour lui permettre de continuer ses opérations sur le continent.
Le géant de la recherche sur Internet a confirmé vendredi avoir reçu l’approbation de Pékin de continuer à opérer sur le continent à la condition que Google mette un terme au renvoi automatique de ses résultats de recherche sur le site hongkongais de la société non censuré. Les internautes effectuant des recherches depuis Google.cn devront à présent cliquer une fois de plus pour atterrir sur le site de Hong Kong.
Une petite concession pour Google qui garde ses positions contre la censure, tout en protégeant ses intérêts économiques sur le marché de l’Internet le plus prometteur du monde.
De son côté, la Chine semble avoir réalisé que la perte d’un géant de l’industrie tel que Google retarderait ses efforts d’innovation. Le renouvellement de la licence de Google fera probablement taire les voix de nombreuses sociétés européennes et américaines à avoir s’être plaint récemment de l’environnement des affaires de moins en moins amical en Chine.
Selon l’agence de presse étatique Xinhua, la licence de la société Beijing Guxiang Information Technology, opérateur de sites de Google en Chine, aurait été renouvelé jusqu’en 2012. D’après le rapport, dans la lettre de demande de renouvellement, de sa licence, Guxiang aurait accepté de ‘respecter la loi chinoise’ et de ‘s’assurer que la société ne fournisse aucun contenu hors la loi’.
Dans le même rapport, Xinhua citait un fonctionnaire du Ministère de l’Industrie et de la Technologie d’Information, responsable de la régulation d’Internet en Chine : ‘après nos estimations, nous avons décidé que Guxiang répondait suffisamment aux exigences’. Guxiang aurait également accepté que tous les contenus diffusés sur la toile chinoise soient sujet à la supervision des régulateurs du gouvernement, a t-il précisé.
Le gouvernement central gère le système de contrôle et de filtrage du web le plus puissant du monde, bloquant notamment les sites jugés subversifs au règne Communiste.
La décision de Pékin résout une dispute de longue date qui mettait en péril le futur de la société dans le pays. Pour la société Californienne, le potentiel du marché chinois de la publicité en ligne est en augmentation de US$15 à 20 milliards par an.
Pourtant, le marché chinois n’est pas encore une activité lucrative pour Google. La société prévoyait un revenu de US$28 milliards en 2010 mais selon les estimations il serait situé entre US$250 et 600 millions cette année. Les incertitudes liées au destin de Google en Chine ont incité de nombreux annonceurs à déplacer leurs encarts sur le site de recherche chinois, Baidu.com.
Une aubaine pour la société chinoise. Selon les chiffres de Analysys International, société de mesure d’Internet en Chine, alors que les parts de marché de Google au cours du premier trimestre 2010 perdaient environ cinq points par rapports au semestre précédent, ceux de Baidu atteignaient un record, passant de 58.4 à 64 pour cent.
Au final, la dispute entre Google et les autorités chinoises débutée en décembre, bénéficie économiquement à tous mais aura couté le prix d’une vraie lutte pour plus de libertés sur la toile dans l’Empire du Milieu.