Chrétiens Chinois : détention ou dessous de table
Tandis que la police menace les membres d’une paroisse dans la région du Henan d’être détenus s’ils ne renoncent pas à leur foi, un chrétien doit être jugé par une cour de la province Henan en fin de semaine, après avoir passé plusieurs semaines dans un camp de rééducation par le travail.
Gao Jianli, ancien meneur de l’église située dans le comté de Yucheng, ainsi que trois autres membres de la même paroisse ont été accusé le 9 mars d’appartenir à un ‘culte religieux’ et ont été envoyé dans un camp de rééducation par le travail pour an un en mars après que leurs familles aient refusé de payer pour leur libération.
En Chine, l’église du Vatican n’est pas reconnu et est même interdit par les autorités, tandis que seul les cérémonies et les prêtres nommés par le Parti Communiste ont le droit d’exercer librement. Pourtant, au cours des dernières années, nombre de chrétiens Chinois se sont organisés en paroisses privées, soit en louant un appartement soit en organisant les services chez les uns et les autres.
Considérés comme des détracteurs au Parti, les paroissiens de ce qu’on appelle communément l’Eglise sous terraine sont souvent harcelés, voire emprisonnés. Pour les chrétiens de Chine, le cas de Gao met en lumière les campagnes de répressions arbitraires menées par les gouvernements locaux contre les églises de village qui n’auraient pas été déclarées pour intimider les paroissiens et leur extorquer de l’argent.
Lorsque la police fait irruption au cours d’un service le 9 mars, la police arrête et détient sept membres de la paroisse. Afin d’assurer leur libération, explique Li Yuxia, le femme de Gao, les autorités locales exigent que les familles payent 4 000 rmb, ce que trois familles ont accepté de faire.
‘Ils utilisent les cultes religieux comme excuse pour arnaquer les gens’, s’est insurgé Li. ‘C’est de l’extorsion’
Gao sera donc présenté devant la Cour du Peuple du District de Weidu à Xuchang, vendredi. Les trois autres Chrétiens détenus sont également dans l’attente d’une audience après que l’avocat Yang Huiwen ai déposé une plainte pour contester la légalité de leur emprisonnement. ‘Il est de notre avis qu’ils sont simplement chrétiens’, a indiqué Yang.
Jeudi dernier, une douzaine de chrétiens du troisième âge étaient harcelé par le police après que l’un d’entre eux ait fait une déclaration publique témoigant du ‘bon caractère’ des quatre paroissiens emprisonnés, a indiqué Li au quotidien hongkongais, South China Morning Post. ‘La police a indique que les quatre s’étaient ‘repentis’ et avaient abandonné leur foi. Ils ont ordonné aux personnes âgées d’arrêter d’aller à l’église’, a indiqué l’un des paroissiens.
Li a précisé que la police avait également tenté d’intimider les douze personnes, les forçant à mettre leur empreinte digitale sur des documents qu’ils ne sont pas en mesure de lire. Un certain nombre d’entre eux sont illettrés. ‘’Ils les ont menacé, leur disant qu’ils seraient eux aussi envoyé dans un camp de rééducation par le travail s’ils ne coopéraient pas’, a t-elle précisé. ‘Ils nous empêchent de pratiquer notre religion mais nous continuerons’, a expliqué un chrétien du comté, ‘je resterait fidèle à Dieu’.
Selon le système de détention administrative chinois, les personnes ayant commises des ‘délits mineurs’ peuvent être envoyés dans un camp pour une période maximum de quatre ans sans procès. Yang n’est cependant pas certains que ses clients puissent être disculpés. ‘Il est difficile de dire à cette heure qu’elle sera l’issue’.
Pour le Dr. Fan Yacheng, expert légal chrétien, la police locale est surtout après l’argent des chrétiens et utilisent la relation comme prétexte. De telles campagnes de répression religieuses ont le plus souvent lieu dans la province du Henan que dans d’autres, a t-il noté.
Illustration China Connection