Le mal-aise de universités chinoises fait surface dans une enquête

Le gaokao, l’examen d’entrée aux universités chinoises est bien fini pour cette année, et l’attention de tourne de nouveau sur le système universitaire du pays. Selon une enquête publiée par QS, société britannique de recherche sur l’éducation, les universités chinoises reculent au classement asiatique, une réalité que personne ne remet en question. 

L’enquête du Classement des Universités Asiatiques révèle que, bien que les universités hongkongaises et japonaises se portent bien, avec respectivement trois et 5 écoles parmi le top 4 et le top 10, les universités chinoises perdent en notoriété. L’université de Pékin, ou Beida, se trouve à la 12ème place du classement, soit un recul de deux places par rapport à 2009, et Tsinghua tombe à la 16ème place. 

Le système d’éducation supérieur en Chine fait depuis longtemps parlé de lui. Pour Yang Yuliang, président de l’université de Fudan à Shanghai, le mauvais résultat des écoles chinoises est le reflet de la réalité du système. 

Dans une récente interview donnée au China Youth Daily, Yang indique que la raison principale pour laquelle la Chine manque d’universités de choix est lié à leur manque d’autonomie. Un autre facteur selon lui, le manque d’un ‘vrai’ esprit académique, intellectuel et moral. ‘L’esprit universitaire est perdu en Chine. C’est un reflet de la société dans son ensemble qui s’est perdu dans l’utilitarisme.’ 

Pour lui, les professeurs d’universités ont perdu leurs esprits académiques. ‘Ils enseignent la manière de réussir les examens et la manière de trouver un emploi, plutôt que la recherche académique’. Car Yang estime que malgré la situation économique d’aujourd’hui, les universités doivent aller plus loin que le simple entrainement des étudiants à trouver un poste sur le marché du travail. 

Yang critique également la course à l’argent des universités chinoises, plutôt que la course à la connaissance. ‘Les universités ont besoin de gens qui sont à l’université pour apprendre.’ Pour le professeur, la Chine aura besoin demain de diplômés ayant une vaste compréhension de la culture mondiale. ‘Nous avons besoin de gens ayant une perspective internationale’. 

Tandis que nombre d’internautes sont d’accord avec les arguments de Yang, ils se sentent pour la plupart impuissant face à la situation. ‘La Chine ne propose pas de bons masters. Est-ce parque nous ne savons pas le faire ou parce que nous n’osons pas ?’ s’interroge Caocao Yao. 

Un autre internaute de Guiyang qui affirme être un éducateurs indique : ‘le niveau académique ne s’améliore jamais dans notre université. Les autorités veulent toujours s’assurer que les choses sont apprises mais tout le monde fini par prétendre.’ Xiao Luobotou de Pingxiang est d’accord : ‘les universités chinoises sont juste un grosse arnaque. Elles ne travaillent pas l’art ou la science mais se battent pour le pouvoir’. 

Pourtant, la qualité de l’éducation dans les universités n’est pas le seul sujet de déception sur la toile. Beaucoup d’internautes s’inquiètent du nombre grandissant de diplômés au chômage : ‘avec autant de diplômés sans emploi et pas assez d’ouvriers, les diplômés sont-ils prêts a devenir ouvrier ? Ils payent beaucoup d’argent pour aller à l’université, bien sûr qu’ils ne veulent pas travailler comme ouvrier et gagner peu. C’est un mauvais investissement, commente Zhuyu Wusheng. 

L’éducation supérieur en Chine ne satisfait personne et comme Jiangta Tuhei du Zhejiang conclu : ‘le système est complètement pourri’.