Lundi 06 Septembre 2010ÉDITION FRANçAISE
Alors qu’une vague de grèves et de suicides liés aux conditions de travail difficile submerge la Chine, le premier ministre Chinois, Wen Jiabao a appelé les gouvernements locaux à mieux traiter la vaste armée nationale de travailleurs migrants et loué leur contribution au boom économique du pays.
Dans une réponse subtile au mécontentement généralisé des travailleurs Chinois, Wen a indiqué à un groupe de jeunes travailleurs migrants au cours d’une visite sur le chantier de construction de la ligne de métro numéro 6 de la capitale, que le pays leur devait sa richesse et ses gratte-ciels et précisé que les autorités devaient les traiter comme leurs propres enfants.
‘Les travailleurs migrants sont le pilier de la force industrielle chinoise’, a déclaré le premier ministre, cité par l’agence de presse étatique Xinhua. ‘La richesse de notre société et les immeubles sont la distillation de votre dur labeur et de votre sueur. Votre travail est glorieux et doit être respecté par la société dans son ensemble’.
Un des travailleurs avec lequel Wen s’est entretenu, Zhang Lei, originaire du Hubei a confié premier ministre que, malgré un travail stable et huit ans de résidence à Pékin, il n’est pas encore en mesure d’acheter une logement et rencontre des difficultés à payer une bonne école à ses enfants. Le premier ministre a reconnu que les problèmes de Zhang étaient partagés par de nombreux migrants.
Plus de 200 millions de personnes ont migré des campagnes vers les villes au cours des trois dernières décennies de réformes économiques et d’ouverture. Pourtant, le gouvernement continue de refuser à réformer le système de permit de résidence qui permettrait aux travailleurs migrants de bénéficier des avantages sociaux des grandes villes, parmi lesquels une couverture médicale et un accès aux écoles publiques.
Wen a promis d’améliorer les infrastructures dans les campagnes, mais n’a fait aucun cas des récents mécontentements concernant les salaires et les conditions de travail dans la ceinture industrielle chinoise. Ses mots ont néanmoins servi de signal aux officiels gouvernementaux qu’ils doivent présent prêter plus d’attention aux besoins de la force ouvrière du pays.
Les grèves sont illégales en Chine mais le gouvernement à jusqu’à présent toléré les mécontentements tant que les disputes sont réglées rapidement et sans bruits. Cependant, Pékin voit d’un mauvais œil de futures grèves et a tenté, par le biais de Wen Jiabao de calmer les travailleurs nerveux. ‘Les remarques de Wen sont destinées à calmer les travailleurs. Mais bien sûr, il [Wen Jiabao] ne pouvait pas aborder directement la question des grèves, c’est un sujet encore trop sensible’, a indiqué Hu Xingdong, de l’Institut de Technologie de Pékin au South China Morning Post.
La réputation des conditions de travail – de longues heures, de maigres salaires et une protection sociale inexistante – sont depuis longtemps au cœur des préoccupations des groupes de défense des droits de l’homme. Mais tandis que la première génération de migrants a enduré en silence discrimination et bas statut, les jeunes générations, mieux éduquées, veulent gouter aux fruits de l’essor chinois et sont moins enclines à accepter de telles conditions de travail.
En mars, Wen avait déjà indiqué dans son rapport annuel de travail que le partage des richesses du pays avec les travailleurs migrants constituait une priorité du gouvernement. Pourtant, sans changement probants, 13 employés de Foxconn se sont suicidés au cours des cinq derniers, trois autres ont tenté de mettre un terme à leur vie tandis que de nombreuses grèves ont éclaté dans des usines chinoises depuis le début du mois de juin.
Illustration Xinhua