Gaokao : 9.5 millions de Chinois passent l’examen
Des panneaux interdisant de klaxonner ont été installé dans les environs des écoles, et les municipalités ont incités les Chinois à privilégier les transports en commun pour éviter le chaos des embouteillages. Voici le passage du ‘gaokao’, l’examen le plus important de la société chinoise.
Ils étaient 9.57 millions hier, a sceller leur destin. C’est en tout cas ce que la société civile leur a inculqué au cours des récentes années. Le ‘gaokao’, l’examen d’admission à l’université créé chaque année à travers la Chine une grande fièvre d’anxiété, et cette année n’a pas été l’exception.
A l’extérieur des centres d’examens, les mères attendent impatientes la fin des épreuves après avoir visité les temples, brûlé de l’encens et allumé des bougies. Beaucoup d’entre elles auront dépensé jusqu’à 2 000 rmb en offrandes et pour acheter une petite tablette sur laquelle elles auront écrit : ‘s’il vous plait, aidez mon enfant à passer l’examen’.
Le ‘gaokao’ met le type de pression que beaucoup d’enfants n’arriveraient pas supporter en France ou ailleurs. Le rater, c’est perdre la chance d’avoir une place de choix dans la Nouvelle Chine. Plus tôt cette semaine, deux lycéens de la province du Hebei se sont d’ailleurs suicidés tant la pression est forte.
Parce que ce ne sont pas seulement leurs espoirs et ceux de leurs parents que les enfants Chinois portent sur leurs épaules, mais également ceux de leurs oncles et tantes, grands-parents et cousins. La famille a besoin de les voir entrer à l’Université de Pékin ou à celle de Fudan à Shanghai pour sécuriser l’avenir.
Pourtant, selon le Ministère de l’Education, le nombre de candidats est en baisse. Après un pic en 2008, avec 10.53 millions de candidats, ils étaient 650 millions de moins cette année, par rapport à 2009. ‘Ces chiffres mettent en avant la baisse du taux de natalité causé par la politique de l’enfant unique’, a indiqué Wang Guanzhou, chercheur en démographie à l’Académie Chinoise des Sciences Sociales au China Daily.
Mais c’est aussi la possibilité pour un nombre croissant de Chinois riches d’envoyer leur enfant à l’étranger qui est aussi à l’origine du changement. Beaucoup estiment d’ailleurs que des études hors de Chine sont plus valorisantes et prometteuses que des études dans une université chinoise. Ainsi, les chiffres montrent qu’ils étaient environ 220 000 à partir en 2009, 50 000 de plus qu’en 2008.
Les universités chinoises font pourtant des efforts pour garder en leurs sains les têtes qui feront la Chine de demain. L’Université de Fudan à Shanghai, promet ainsi la somme de 50 000 rmb aux candidats classés parmi les cinq premiers de leurs régions. Mais de telles ruses sont aussi la porte ouverte aux excès.
Les élèves se sont révélés de plus en plus inventifs pour tricher à l’examen. En 2008, un étudiant a ainsi perforé son tympan avec une minuscule oreillette de 3 millimètres. Cette année, dans la province du Gansu, sept élèves ont été pris utiliser pendant l’examen des outils hi-tech : écouteurs sans fil, montres et règles servant de récepteurs. Certaines universités sont allées jusqu’à installer des caméras de surveillances et des outils permettant de bloquer les téléphones portables.
Le ‘gaokao’ reste l’examen le plus redoutable et le plus redoutée car pour tous, il détermine en deux jours seulement, les chances ou non d’un futur meilleur.