Vendredi 10 Septembre 2010ÉDITION FRANçAISE
Les familles des étudiants tués dans la nuit du 3 au 4 juin 1989 sur la Place Tian’anmen, au cœur de la capitale chinoise, ont de nouveau demandé hier que le silence soit rompu et le dialogue ouvert sur la tragédie.
Dans une lettre ouverte envoyée annuelle au gouvernement, les 128 membres des Mères de Tian’anmen, ont châtié le gouvernement pour avoir ignorer si longtemps leur appel à plus d’ouverture sur la tragédie et juré de ne jamais laisser tomber la lutte.
‘Les autorités Communistes Chinoises devraient avoir entendu nos appels et pourtant, nous n’avons eu aucune réponse’, écrivaient-elles dans la lettre, citant les nombreuses demandes d’investigation sur le massacre.
‘Est-il possible que le vous cherchiez à nous épuiser ou que vous attendiez notre mort pour que le problème disparaisse de lui même ?’, ajoutaient les Mères dans la lettre distribué notamment au groupe de défense des Droits de l’Homme en Chine, Human Rights in China, basé à New York.
Chaque année, le groupe publie un appel similaire à l’approche du tragique anniversaire. Un appel ignoré par le gouvernement qui estime que le sujet est depuis longtemps résolu.
Des centaines, voire des milliers de personnes ont été tué écrasés par les tanks de l’Armée Populaire de Libération dans le centre de Pékin dans la nuit du 3 au 4 juin 1989 après six semaines de protestations démocratiques.
Un verdict officiel à l’issu de l’affaire avait décrit le soulèvement démocratique un ‘rébellion contre-révolutionnaire’. Le gouvernement a depuis un peu adouci sa position mais le sujet continue d’être un sujet tabou en Chine. Ceux qui persistent à en parler sont généralement incarcérés ou harcelés.
‘Nous avons graduellement compris que le sang, les larmes et la douleur issus du 4 juin n’est pas seulement un malheur pour les familles, mais un malheur pour la nation entière’, précisait la lettre.
Le groupe exigeait également que le gouvernement mette un terme aux persécutions menées sur ses membres. ‘Vous avez posté des gardes devant les logements de chaque famille de victime, vous nous avez suivi, espionnés, vous avez écouté nos conversations téléphoniques, interféré avec nos communications virtuelles et ouvert et confisqué notre courrier’, précisant : ‘toutes ces actions perverses…nous incite à nous lever avec colère.