Foxconn : des composants électroniques aux suicides à la chaine

C’est la 11ème tentative de suicide d’un employé de Foxconn, le numéro un mondial de composants électroniques. C’est le 9ème décès au sein du complexe de la société à Shenzhen en moins de cinq mois. 

Li Hai, jeune apprenti de 19 ans, diplômé d’une école d’apprentissage dans la province du Hunan a sauté de la fenêtre de son dortoir situé au cinquième étage après seulement 42 jours de travail. Dans une lettre, Li indiquait que la réalité professionnelle était trop différente de ses attentes et qu’il ne supportait plus la forte pression a laquelle il était soumis. 

Li est le neuvième employé de Foxconn à s’être tué à Shenzhen depuis le début de l’année. Deux autres ont survécu tandis que le dernier en date, un employé de 21 ans, s’est défenestré vendredi. La série de suicides au sein du complexe de la société taïwanaise a suscité les inquiétudes des autorités et du public. 

Hier, le chef du Parti de Shenzhen, Wang Rong, a indiqué que les autorités avaient déployé une équipe de travail, incluant des policiers et des membres des bureaux de protection du travail et de la santé, afin d’enquêter sur les conditions de travail au sein de l'usine, a indiqué l’agence de presse étatique, Xinhua

Li Ming, chef de la police de Shenzhen a révélé que l’équipe d’investigation porterait son attention sur la discipline interne de Foxconn et la culture de la société. Afin de prévenir d’autres suicides, la police a également déployé 300 agents de sécurité au sein de l’usine et des psychologues sont à la disposition des employés. 

Terry Gou, directeur de Foxconn à Taipei pourrait effectuer une visite des ses usines de Shenzhen. Bien que Gou a nié lundi les accusations concernant les conditions et les longues heures de travail comme étant à l’origine du mal aise des employés, ils sont nombreux a avoir rapporté la pression constante et la discipline militaire à laquelle ils sont soumis. 

A 21 ans, cette ouvrière originaire du Guangxi a ainsi indiqué qu’elle était contrainte de travailler de 8 heures à 20 heures, six jours par semaine à l’usine Longhua de la société. ‘L’atmosphère dans l’atelier est déprimante. Nous ne sommes pas autorisés à parler pendant 12 heures au risque d’être sanctionné par les superviseurs. Nous n’avons que 30 minutes de pause pour le déjeuner’. 

Originaire du Hunan, cette autre ouvrière de 22 ans se plaint de la vitesse des lignes d’assemblages, indiquant qu’elle devait vérifier des milliers de cartes mères par jour, bien que son salaire mensuel, y compris les heures supplémentaires, ne dépasse pas les 2 000 rmb. ‘Même si Foxconn nous paye toujours à temps et nous fournit des repas et un logement gratuit, j’ai l’impression de travailler comme une machine et d’avoir une vie vide.’ 

Mais Foxconn n’a pas perdu son attrait auprès des travailleurs migrants, et continu d’être inondé de plusieurs centaines d’applications par jour. Devant les bureaux des ressources humaines de Foxconn, les candidats ont indiqué au South China Morning Post qu’ils étaient convaincu que le géant suivait bien mieux les lois en matière de travail que d’autres sociétés privées et qu’ils n’auront pas à s’inquiéter que leur patron prenne la fuite. 

Selon les chiffres du Ministère de la Santé, 16 personnes sur 100 000 se suicides chaque année en Chine. Alors, pour Fan Fumin, professeur de psychologie à l’Université Tsinghua à Pékin, ‘le taux de suicide est alarmant mais bien, lorsque l’on considère que Foxconn emploi 400 000 ouvriers à Shenzhen, c’est bien en dessous des moyennes nationales.



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