Internet : le contrôle étendu aux ‘informations géographiques’
Comme si l’harmonisation des contenus pornographiques, vulgaires et ‘gênants’ de la toile chinoise ne suffisait pas, Pékin vient de renforcer le contrôle des ‘informations géographiques’. Sécurité nationale ou appât du gain, les autorités chinoises semblent n’avoir plus aucune limite pour prendre leurs parts du gâteau du vaste marché de l’Internet.
Le People’s Daily, l’un des nombreux médias contrôlés par le Parti, a révélé cette semaine dans un article publié sur son Internet, People.com.cn, que plus de 2 000 sites chinois avaient été ‘harmonisé, entendez par là, censurés depuis le mois de janvier, dans le cadre d’une –autre- vaste campagne de régulation des sites procurant des informations géographiques.
Selon l’article, un groupe conjoint à sept départements d’état aurait été mis en place pour l’occasion. Parmi les participants : le Bureau d’Etat d’Enquêtes et d’Informations de Données, le Ministère de l’Industrie et de la Technologie d’Information, le Ministère d’Etat à la Sécurité, l’Administration Générale de la Presse et des Publications, Le Bureau des Secrets d’Etat et le Département du Personne de l’Armée Populaire de Libération.
L’enquête, mené sur plus de 40 000 sites Internet de cartes en ligne, aurait permis à ‘l’harmonisation’ de 1 000 d’entre eux parmi lesquels 30 seraient impliqués dans la dissémination d’informations militaires.
William Long, administrateur du forum Moon-bbs.com, a ainsi été accusé d’avoir partagé les contenus de son site à un ‘moteur de recherche de cartes étranger’, selon un rapport de la China Central Television (CCTV) diffusé lundi soir. D’après le rapport, le forum dévoilait l’emplacement d’un nouvel aéroport militaire avant son annonce officielle prévue en octobre prochain.
Bloggeur réputé, Long a nié les accusations de la CCTV, indiquant sur son propre blog : ‘Je suis moi même pas fan de l’armé. Je ne lis pas de magasines sur l’armée. Je n’ai jamais visité aucune base militaire et ma connaissance de l’armée est très limitée.’ Long a été forcé de payer une amende de 5 000 rmb pour ‘diffusion illégale de cartes’ au géant américain Google Earth.
Ce n’est pourtant pas la première fois que les médias, contrôlés par Pékin, prennent pour cible les services de la société américaine Google. L’année dernière, le géant avait été accusé par Pékin de fournir un vaste choix de liens vers des sites pornographiques. Pour les analystes et bloggeurs, des raisons commerciales seraient à l’origine du contrôle renforcé de l’Internet.
Micheal Anti, analyste et web reporter basé à Pékin, estime que les mesures de répressions sur la toile, qu’elles ciblent la pornographie, les informations géographiques ou les moteurs de recherche, se sont pas liés à une censure politique plus stricte mais au désir des officiels de participer à l’essor du business d’Internet en Chine. Selon Anti, les officiels utilisent leurs pouvoirs de censure pour gagner de l’argent.
‘Tous les département travaillent dur pour trouver leurs propres opportunités financières sous couvert de censure politique’, indique t-il, ajoutant : ‘c’est leur business : les licences (délivrées aux sites Internet, ndlr) veulent dire argent’.
Selon les derniers standards publiés par le Bureau d’Etat d’Enquêtes et d’Informations la semaine dernière, les fournisseurs de cartes en ligne doivent avoir leurs serveurs sur le continent et ne doivent en aucun cas, avoir révélé des informations au cours des trois années précédentes leurs demande de licence.
Pour Long : ‘après avoir nettoyé les serveurs privés, les serveurs étatiques pourront entrer sur l’énorme marché des cartes en ligne, qui seront alors très profitables aux autorités’.
Illustration Liberal International