Le Parti offre un aperçu de son organisation interne

Le Parti Communiste à beau régner sur la Chine depuis plus de 60 ans, son organisation interne reste enveloppé d’un grand mystère, aussi bien pour le public que pour bon nombre de petits fonctionnaires. Pourtant, le Parti semble prêt et contraint à tendre une main d’explication vers son peuple.

Un article publié récemment dans l’édition étrangère du People’s Daily indiquait ainsi qu’au cours des derniers mois, plus de dix organes du gouvernement central, parmi lesquels le Centre de Recherche en Littérature du Parti Central, le Département du Travail du Front Uni et le Département de Liaison International, avaient mis en place des sites Internet espérant ainsi améliorer leur transparence.

‘Le mouvement graduel vers plus de transparence est un pas important pour rendre notre travail connu du grand public’, a indiqué Dai Yanjun, professeur à l’Ecole Central du Parti. En effet, depuis le mois de juillet 2009, une force spéciale aurait même été crée dans le but de diriger l’initiative et de venir en aide aux départements concernés. 

Car même si le Parti semble avoir pris conscience de son besoin de ‘rester en contact avec les attentes de notre époque’, comme l’a indiqué Zhang Zhiming, professeur à l’Ecole Central du Parti, pour les analystes, l’apparente ouverture reste surtout un exercice de relation public.

Selon les observateurs, les nombreux sites gouvernementaux ne continuent de fournir qu’une information superficielle, tandis que les départements les plus puissants du pays – le Département de la Publicité du Parti Communiste qui censure les médias et le Département de l’Organisation du Parti, qui contrôle le personnel – ne sont pas encore partie prenante.

Les opérations du Département de Publicité sont extrêmement secrètes car le bureau détient un pouvoir de contrôle sur les médias, leur indiquant ce qu’ils sont autorisés à dire non et pouvant censurer les médias qui sortent du rang. 

‘Ce qui intéresse vraiment le peuple concerne le travail du Département de la Propagande, mais nous n’avons même pas de numéro de téléphone ou d’adresse, alors encore moins un site Internet. Les organes agissent depuis toujours comme une organisation sous terraine’, estime Zhang Zhiming.

Zhang Lifan, ancien professeur à l’Académie Chinoise des Sciences Sociales, estime que les récents conflits sociaux auraient servi de sonnette d’alarme aux autorités qui réalisent aujourd’hui qu’elles ne peuvent pas continuer à appliquer le même schéma de gouvernance : secret et vétuste. ‘Nous sommes à un carrefour historique’, a t-il expliqué Zhang, ‘les dirigeants ont consciences de la précarité de la situation’. 

Mais ce ne sont pas seulement les conflits sociaux qui seraient à l’origine de l’escalade du mécontentement, mais également le désespoir et mal-être général. Les récentes attaques au couteau dans les écoles ont mis l’accent sur le manque de soupapes de décompression dans un gouvernement autoritaire, où le peuple n’est pas invité à faire part de leurs difficultés. 

‘Ce qui est important, ce n’est pas tellement la quantité d’information que les autorités fournissent, mais le pouvoir donné au peuple de critiquer et de superviser le travail du Parti’, a conclu Zhang. 

Illustration Xinhuanet