A l’origine de la chute de Huang Guangyu, patron de Gome
Huang Guangyu, surnommé le ‘boucher des prix’, était connu comme l’homme le plus riche de Chine. Il est aujourd’hui le détenu le plus célèbre du pays. Fondateur de Gome, une chaine de magasins d’appareils électroménagers qui s’étend à travers le pays, Huang reste l’actionnaire le plus important mais a perdu la totalité de ses responsabilités.
Une cour de Pékin a condamné aujourd’hui Huang Guangyu à 14 ans de prison pour opérations financières illégales, délit d’initier, fuite d’informations internes et crime de corruption. Huang a également été condamné à payer une amende de 600 millions de yuans tandis que ses biens, qui s’élèvent à 200 millions de yuans seront confisqués.
Selon le procureur en charge du dossier, Huang aurait offert pour 4.56 millions de yuans de pots-de-vin à des fonctionnaires du gouvernement.
Pour Rupert Hoogewerf, éditeur de la Hurun Rich List, l’entrepreneur était brillant mais mauvais politicien. ‘Huang Guangyu était assez bizarre dans la mesure ou il ne cultivait pas assez assidûment ses contacts politiques’, a t-il expliqué. ‘Au plus haut de la sphère politique chinoise, il existe un certain nombre de factions. Lorsqu’il a commencé à cultiver la faction A, la faction B a été jalouse et l’a démoli’.
Opportunistes – Après l’arrestation de Huang en 2008, son réseau politique s’est effondré. Selon les médias étatiques, plusieurs officiels ont été sanctionnés lorsque leurs liens avec Huang ont été révélés. Huang ‘naviguait trop près du vent’ estime les entrepreneurs chinois. ‘Ils disent qu’il n’aurait pas du faire ce qu’il faisait aussi ouvertement’, explique Hoogewerf.
‘Huang a été accusé d’avoir organisé des transactions illégales, convertissant des yuans en Hong Kong dollars. Il a également été condamné pour délit d’initier en lien avec son achat de grosses quantités de stocks technologiques.
Pour Wang Rongli, avocat spécialisé dans la corruption d’entreprise, Huang est loin d’être le seul a mépriser les règles. Selon lui, la première génération d’entrepreneurs en Chine ne comprennent pas vraiment la loi ou ne souhaitent pas la comprendre. ‘Ils prennent de mauvais habitudes. Au début de leurs carrières ils bouclent des affaires autour d’un diner ou avec de petites enveloppes. Mais une fois que leurs sociétés atteignent une certaine taille, les enveloppes prennent des proportions énormes et deviennent réellement dangereuses.’
‘Il existe des lacunes dans notre loi, du coup, les entrepreneurs ne savent pas toujours s’ils sont hors la loi ou non. Dans d’autres cas, ils arrivent à se convaincre que ce qu’ils font n’est ni strictement légal, ni strictement illégal’, explique Wang. Il l’est appelle les ‘opportunistes’.
Complot Politique ? – Pour beaucoup de jeunes entrepreneurs, de ceux de la deuxième génération, les manières de leurs ainés ne sont plus acceptables. Bernhard Zhao, propriétaire d’une société de conseils financiers, fait toujours intervenir les avocats de la société. ‘Nous envoyons de petits cadeaux mais nous n’influençons jamais le jugement d’un client pour qu’il choisisse notre service’.
A Pékin chaque année, les entrepreneurs sont cordialement inviter à participer aux cérémonies du Congrès National du Peuple, le parlement chinois. Une initiative que Hoogewerf traduit comme une attente de bonne conduite du gouvernement. Bien que ces hommes et ces femmes payent des taxes et emploient beaucoup de monde, ‘si aujourd’hui vous continuez à avoir recours à ses pratiques et que vous le faite un peu trop ouvertement, ils vous feront tomber. Je pense que c’est ce qui a couté à Huang Guangyu’.
Difficile de savoir réellement ce qui a mal tourné dans le cas de Huang Guangyu. La corruption dans laquelle il était trempé est-elle devenue trop sérieuses pour être ignorée, ou a t-il été victime d’une complot politique ? Les leaders du Parti Communistes ont reconnu l’importante du problème de la corruption dans le pays tout entier, et un cas comme celui de Huang aurait pu tout aussi bien servir de message. La corruption n’est plus tolérée.
Illustration China Daily