Histoire de Chine : certaines vérités ne sont pas toutes bonne à dire
Il est des vérités sur l’Histoire de Chine qui ne sont pas bonnes à être dites. A Pékin, un professeur d’histoire est passé en conseil de discipline sur les ordres du gouvernement pour avoir fait quelques commentaires peu positifs sur l’ancien leader révolutionnaire, Mao Zedong.
Yuan Tengfei, enseignant à l’Institut de Formation des Professeurs de Haidian à Pékin a été censuré par les autorités et la direction de l’école où il enseignait pour avoir fait des ‘commentaires incorrects graves’ dans un clip vidéo publié sur Internet. Yuan donnait simplement un cours d’histoire sur une période dont la simple évocation peut causer des problèmes : la Révolution Culturelle.
Yuan, 38 ans a cependant été acclamé par les internautes qui l’ont ainsi surnommé ‘le professeur d’histoire le plus osé de Chine’. Il n’est pourtant que le dernier d’une longue série d’académiciens a avoir été saqué par les autorités pour avoir défier ‘la sagesse historique accepté’.
Bien que le Parti Communiste a reconnu les tords causés par Mao au cours de la Révolution Culturelle, qui a duré dix ans de 1966 à 1976, il continue de refuser de réfléchir sur les autres échecs des trois décennies de règnes du Grand Timonier. La célèbre ‘pensée de Mao’ a été par ailleurs été utilisée dans la mise en place de la constitution du pays.
‘Ceux qui ont lu des livres ne devraient pas avoir une bonne impression de Mao Zedong, autrement cela revient à finir dans la tête d’un chien (non digéré, ndlr), précisait Yuan dans la vidéo qui a rapidement été supprimé de la toile chinoise. Yuan commentait également le mausolée de Mao sur la Place Tian’anmen, le décrivant comme le lieu ‘où le boucher qui porte le sang du peuple sur les mains est vénéré’.
Des commentaires comme ceux de Yuan sont très rares en Chine pourtant ils déclenchent systématique des débats agités sur Internet, les gauchistes l’accusant de trahir son pays, tandis que les plus libéraux estiment qu’ils invitent simplement à un débat ouvert sur des vérités que peu osent encore aborder.
Professeur à l’Université Sun Yat-sen, Yuan Weishi assure quand à lui qu’un grand nombre de faits historiques avaient été déformé. Pour lui, l’accueil positif du public aux commentaires de Yuan était surtout lié au fait qu’ils offraient une vision nouvelle aux choses. ‘Quand à savoir s’il dit la vérité ou non, cela ne devrait pas se terminer sur une décision administrative mais à une discussion libre et profonde’, a t-il expliqué.
En 2006, Yuan Weishi s’était attiré les foudres lorsqu’il a publié dans un supplément du China Youth Daily un article remettant en question l’interprétation officielle de l’histoire et mis en garde contre le trop fort nationalisme chinois. La dispute avait conduit au licenciement de l’éditeur du supplément, Li Datong.
Selon lui, les résultats de la vidéo de Yuan seraient moins importants si les élèves chinois étaient capables de résonner par eux même. En Chine, certaines vérités ne sont pas encore bonnes à dire.
Illustration CRI