Deux ans plus tard, le deuil du Sichuan persiste

Deux ans après le tremblement de terre qui a secoué la région chinoise du Sichuan, ils sont encore nombreux à avoir du mal à sortir du deuil et du désespoir abyssal dans lequel la perte d’un enfant, conjoint ou être cher les a plongé. 

Pour beaucoup d’entre eux, le deuxième anniversaire du tremblement de terre aujourd’hui qui a couté la vie à 87 000 personnes, y compris des milliers d’élèves, est un souvenir difficile de leur perte et de l’injustice de laquelle les parents de la région ont souffert. 

Maigre compensation : selon la loi chinoise, les familles des 18 000 victimes encore portées disparues pourront, à partir d’aujourd’hui, déclarer officiellement le décès de leur proche disparu auprès des autorités. Un pas qu’ils ne seront probablement pas nombreux à faire. Car la compensation financière est loin d’être suffisante pour raviver les blessures de leurs pertes. 

Pourtant, la lutte n’est pas finie. Car bien que la presse étatique continue de largement médiatiser la réponse des secours et les efforts de reconstructions dans la région, des milliers de critiques, parents et activistes, continuent de faire la lumière sur le nombre de victime et la responsabilité des autorités locales dans la construction des ainsi surnommés, écoles ‘tofus’, immeubles de mauvaises qualités ayant couté la vie à plusieurs milliers d’enfants. 

Artiste et activiste, Ai Weiwei a mené une campagne de deux ans pour identifier plus de 5 300 élèves tués dans les décombres de leur école et organisé une manifestation virtuelle, postant des messages vocaux enregistrés donnant les noms qu’il avait pu collecter. 

Bien que les revendications des parents aient été confirmées par les ingénieurs de l’état, les autorités locales et centrales, font preuves de tolérance zéro. Les parents bravant les autorités ont ainsi été la cible de harcèlement et d’intimidations alors que la sécurité était renforcée dans la région à l’approche de l’anniversaire. 

Liu Yuting, qui a perdu son fils Yuan Yong garde espoir dans le gouvernement central, estimant que les autorités locales sont ‘corrompues’. ‘J’espère que le président Hu Jintao ou le premier Wen Jiabao écouteront les histoires des morts tragiques de nos enfants et lanceront une investigation’. Mais à la veille de son départ, des dizaines de parents qui avaient prévu de se joindre à son déplacement à Pékin pour déposer une pétition, ont été bloqués par les autorités policières à leurs domiciles. ‘Ce n’est un secret pour personnes que les téléphones des parents sont sur écoute et que nos emails et nos SMS sont surveillés’, a indiqué l’un d’entre eux. ‘Mais je n’ai besoin d’avoir peur de rien’.