Chine, une justice qui ne pardonne pas

Les mouvements pour l’abolition de la peine de mort prennent de l’élan. Mais un pays, la Chine, continue de comptabiliser le plus grand nombre d’exécutions au monde. Et même si Pékin revendique moins de personnes sont condamnées à morts à présent, les autorités continuent de protéger les chiffres comme un secret d’état. 

Une attitude que le groupe de défense des droits de l’homme, Amnesty International, a tenté de dénoncer avec la publication de son dernier rapport annuel sur le recours à la peine capitale…en ne publiant, tout simplement, aucun chiffre pour la Chine que le groupe espère pousser à faire preuve de plus de transparence. 

Car même si Pékin clame une réduction du nombre de condamnation à la peine capitale notamment depuis la réintroduction de la Court Suprême du Peuple, la plus haute instance judiciaire du pays, pour la révision de telles condamnations, aucun chiffre n’a jamais été publiquement révélé. 

‘Tant que les statistiques sur le recours à la peine de mort en Chine restent un secret d’état, il sera impossible de vérifier cette affirmation et d’analyser les tendances exactes’, notait le rapport. 

Pour Amnesty International cependant, le message est clair : des preuves disponibles publiquement indiquent que des milliers de Chinois auraient été exécutés en 2009. La Chine compte 68 types d’offenses passibles de la peine de mort, y compris des crimes non-violents, par injection mortelle ou peloton d’exécutions. 

Mais les procès décidés par avance, au cours desquels les accusés clament leur innocence et révèlent que leurs aveux ont été obtenus sous la torture, l’accès limité à un avocat et les peines de mort applicables aux mineurs et aux personnes mentalement déficientes, sont encore choses courantes en Chine. 

‘Les autorités chinoises affirment que de moins en moins d’exécutions ont lieu ?’, s’interroge Claudio Cordone, secrétaire général d’Amnesty International dans un éditorial publié sur le South China Morning Post, ‘‘si, comme le soutien Pékin, la peine capitale est un acte légitime du gouvernement, il n’y a pas de raison de cacher son recours de l’opinion publique locale et internationale’, ajoute t-il. 

Les principales inquiétudes du groupe portaient sur les personnes exécutées suite aux émeutes qui ont secoué les régions du Tibet et du Xinjiang cette année, les condamnées pour fraudes fiscales et le sort réservé à Akmal Shaik, ressortissant anglais souffrant d’une maladie mentale, condamné pour trafic de drogue en décembre dernier. 

‘Il y a longtemps que la Chine aurait dû ajuster ces méthodes aux pratiques et aux standards du droit international sur la peine de mort. Il y a longtemps que la Chine aurait dû être ouverte et transparente à propos du nombre d’exécutions effectuées chaque années’, indiquait le rapport. 

Il existe une preuve que, pays après pays, la question n’est plus de savoir si la peine de mort sera abolie mais quand. Une question en suspend pour la Chine qui a régulièrement recours à de telles condamnations pour l’exemple contre des activistes notamment.

Illustration Factsanddetails.com