Vendredi 10 Septembre 2010ÉDITION FRANçAISE
Lundi dernier, une douzaine d’artistes Chinois ont mené une démonstration sur la plus grande avenue de Pékin, l’Avenue Chang’An en signe de protestation suite à l’attaque menée contre eux lundi matin, par un groupe de ‘voyous’ venus troubler leur quartier artistique en proie à une démolition forcée. Selon eux, les assaillants étaient envoyés par les autorités locales.
Les artistes de la Zhenyang Creative Art Zone dans le district de Chaoyang à Pékin, ont depuis longtemps reçu un avis d’expulsion : début décembre ils vivent sans électricité ni gaz, malgré le froid hivernal. Mais c’est aussi contre l’attaque de lundi matin, qui a vu certain d’entre eux battus et blessés, qu’ils protestaient.
La procession improvisée sur la longue avenue, probablement la plus surveillée du pays, a été stoppée par la police à quelques 2 kilomètres de la célèbre place Tian'anmen. La plupart des bannières qui dénonçaient les démolitions brutales de la capitale, ont été rapidement confisquées tandis que sur Twitter et les réseaux sociaux, des messages et des photos de soutien étaient publiés par une horde de partisans.
Le problème des démolitions en Chine reste une question sans réponse et particulièrement difficile pour la ville de Pékin dont le visage à largement changé depuis le début des destructions massives de quartiers entiers en 2004 : il n’est pas rare de voir au cœur de la capitale des terrains vagues destinés à devenir un centre commercial luxueux ou un hôtel international.
Pourtant, le sort imposé à ces artistes n’est que l’un des exemples du destin de milliers de chinois citadins, forcés, souvent du jour au lendemain, de trouver refuge dans la banlieue de la capitale en raison de la maigre compensation qui leur ait allouée par les autorités.
Mais contrairement au ‘petit peuple’, les artistes ont pour la première fois remplacée le silence de l’impuissance par la voix de la colère. Seul le relativement indépendant Global Times, journal en anglais, dédiais hier un article et un forum à l’événement, pourtant chaleureusement supporté par les bloggeurs de Twitter qui ont souligné le ‘courage’ des artistes.
Les photos de l’initiative, cordialement fourni par Ai Weiwei sur sa page TwitPic, ont rebondi de Twitter à Buzz Gmail en passant par Flickr.