Nouvel An Chinois : une semaine au rythme des légendes et des traditions
Pour les occidentaux, il est parfois difficile d’imaginer à quel point le chunjie, ou Fête du Printemps, est bercé de légendes , de traditions encore pour la plupart au cœur des superstitions aujourd’hui.
Car contrairement à ce que nous voyons dans tous les ‘Chinatown’ du monde, les célébrations du Nouvel An Chinois vont plus loin que les danses du dragon ou du lion qui ne sont pas particulièrement répandues dans le pays. Le Chunjie est avant tout une fête familiale, la fête familiale chinoise, qui permet aux membres de la famille de se retrouver et de s’approprier de bons augures pour la nouvelle année.
L’origine du Nouvel An. En Chine, le Nouvel An chinois se dit chunjie (春节), ou Fête du Printemps, mais aussi guonian (过年). Selon la légende, Nian était un monstre effroyable qui terrorisait les campagnes et mangeait les humains. Les locaux, déterminés à faire fuir Nian avaient alors organisé un festival géant, s’assurant que le bruit des feux d’artifices et de la musique fassent suffisamment de bruit pour convaincre le monstres de s’éloigner.
Le terme a évolué pour lui donner son sens moderne qui veut dire année (年). Mais lorsque vous célébrez le ‘guonian’, vous célébrez littéralement la revanche du peuple sur le monstre mangeur d’hommes.
Rituels. A l’origine du chunjie, un monstre maléfique qui revient chaque année au moment de la nouvelle année. Pour les Chinois, il est donc indispensable de faire du bruit pour effrayer les mauvais esprits. Quoi de mieux donc, que les pétards et les feux d’artifices qui illuminent pendant une semaine le ciel de toute la Chine. Parfois difficile à apprécier les premières années, en raison du bruit constant, il suffit souvent d’y prendre part.
Le Chunjie est une célébration fortement lucrative pour les jeunes générations qui reçoivent de leurs aînés des hongbao (红包), des petites enveloppes rouges contenant quelques billets. Traditionnellement, seuls les célibataires et les personnes au chômage recevait des hongbao mais la coutume ayant évolué, se sont aujourd’hui tous les membres de la famille qui en reçoivent de leurs ainés.
Dans certains villages du nord, c’est également l’occasion de se rendre sur la tombe des disparus et de prier pour leur âme. Pour tous, c’est le moment de prier dans les temples pour la bonne fortune de la famille.
Superstitions. Il existe nombre de superstitions autour du Nouvel An Chinois. La plus répandue consiste à accrocher aux portes et aux fenêtres des maisons, des poèmes courts inscrits sur des papiers rouges destinés à éloigner les diables et les mauvais esprits et d’amener paix et chance à ceux qui pénètrent dans la maison. A l’approche du Nouvel An donc, les rues de Pékin habituellement grises en hiver, se couvrent de rouge.
Sous-vêtements rouges, ceintures rouges, chaussettes rouges, porter du rouge est considéré par les chinois comme le seul moyen d’améliorer la situation à un moment où les mauvais esprits rodent. Du marché de quartier à ciel ouvert à la grande surface Carrefour, tous proposent des vêtements rouges. Mais se sont surtout les natifs du signe de l’année, le tigre en 2010, qui seront les plus susceptibles aux mauvais esprits.
La tradition indique également pour le ménage des règles très précises. Avant le soir du réveillon, indique la tradition, les maisons doivent être nettoyées mais le soir venu, balais, pelles et brosses doivent disparaitre pendant au moins cinq jours. Pousser la poussière sur le pas de la porte et épousseter les meubles revient à nettoyer la ‘poussière de bonne chance’ pour l’année.
Manger. Au cœur des festivités, la nourriture. Pour le repas du réveillon qui sera célébré le 13 février cette année, la place est donnée aux jiaozi, ou raviolis chinois, dans lesquels les chinois ajoutent des pièces de monnaie, sensées amener de l’argent à celui qui le croque et du tofu pour la chance.
Mais aussi. A l’occasion du Nouvel An, la Chine entière s’arrête de fonctionner. Les entreprises ferment leurs portes, les usines éteignent leurs fours et les enfants sont en vacances. Dans les temples, la place est faite aux miaohui, des foires qui proposent des plats traditionnels, des snacks régionaux, des jouets en bois, des fabrications artisanales et autres ‘made in china’ en plastiques. On y trouve de tout et les chinois dépensent à cette occasion une quantité considérable d’argent pour satisfaire petites et grands.
L’Année du Tigre. En 2010, les Chinois célèbrent l’année du tigre, et comme pour tout le reste en Chine, il existe une histoire liée à l’animal. Celle ci raconte qu’un lion vaillant, roi de la forêt, était sur son lit de mort à cause d’une maladie chronique. Pour seul remède, le lion devait manger le cœur d’un tigre. Un renard rusé, voyant là une rare opportunité, trouva un tigre et parvient à le convaincre que le lion est prêt à abdiquer son trône. Le tigre naïf se met donc à courir en direction de la grotte royale où il est instantanément dévoré par le lion désespéré. Mais l’histoire ne s’arrête pas là : le renard avait déjà retiré et mangé en cachette le cœur du tigre, causant ainsi la mort du lion.
Alors que beaucoup associent le tigre à la bravoure et la férocité, la légende liée à l’année du tigre associe l’animal à la malhonnêteté et au meurtre. La morale de l’histoire veut que la ruse triomphe sur le courage.
Les natifs du signe, les personnes nées en 1998, 1974, 1962 et tous les douze ans, sont chanceuses, pleine d’entrain et toujours souriante dit-on. Les Chinois estiment qu’un tigre protège les maisons contre les mauvais esprits.