Chaque année, des milliards de feux d’artifices sont allumés au moment des célébrations du Nouvel An chinois. Et cette année, n’y fera pas exception. Pour beaucoup, cette tradition est un moment festif à partager entre amis ou en familles. Pour d’autres, une opportunité d’arrondir ces fins de mois.
Hu Yanling, un jeune pékinois de 28 ans, fait parti de ceux qui ont décidé cette année de vendre les feux d’artifices de la société Panda. Installé dans l’un des milliers de stands temporaires dispersés dans la capitale, le stand de Hu restera ouvert jusqu’à la fin des célébrations du Nouvel An.
C’est surtout le plaisir de ‘rendre heureux les clients lorsqu’ils achètent des feux d’artifices’ qui motive Hu. Chaque jour, entre 300 et 500 personnes se pressent dans son stand. Xie Qing, est l’un d’entre eux. Depuis l’ouverture de l’échoppe le 7 janvier, il est déjà venu trois fois pour acheter des feux d’artifices aux couleurs variées : bleu, rouge, orange et même en forme de tigre, l’animal de la nouvelle année et que les Chinois apprécient particulièrement.
En 2009, Xie a dépensé plus de 400 yuans dans les boites colorés et estime qu’il en achètera beaucoup plus cette année. Un moyen de se faire plaisir après plusieurs mois de travail sans relâche. A proximité, une jeune acheteuse, Wang Xun, annonce que son père a dépensé 5 000 yuans en pétards et feux d’artifices l’année dernière. Bien qu’elle reconnaisse qu’ils ‘font du bruit et laissent une mauvaise odeur’, elle explique que c’est une tradition importante du Nouvel An pour éloigner les mauvais esprits qui reviennent à ce moment de l’année.
Cette année, la société de feux d’artifices Panda, l’une des trois de vente en gros de Pékin avec la compagnie des feux d’artifices de Pékin et les feux d’artifices Doudou, a ajouté 300 nouveaux produits à sa sélection de modèles plus classiques. Cette année, la Fête du Printemps coïncidant avec la Saint Valentin, le thème sera romantique. La société a commencé à distribuer plus de 800 000 boites à la fin du mois de janvier.
Depuis qu’un camion de transport de feux d’artifices à pris feu dans le Henan et que son conducteur a disparu, des mesures de sécurité ont été prises. Les conducteurs ont reçu un entrainement militaire et ne sont autorisés à sortir de leur siège sous aucun prétexte. Les camions eux même sont équipés de GPS et la livraison des produits sensibles au cœur de la ville, se font à partir de minuit.
Mais Hu ne préfère pas y penser et se concentre sur les centaines de boite prêtes à être vendues. ‘Depuis le feu à l’hôtel Mandarin l’année dernière, tout est plus sûr’, explique t-il. Les Pékinois se souviennent de l’incendie provoqué par des feux d’artifices, un spectacle à ciel ouvert dans l’immeuble adjacent au nouveau siège de China Central Television (CCTV).
Cette année, Hu espère seulement contribuer à dépasser le record de l’an passé qui avait atteint un million de yuan de feux d’artifices vendus. Selon lui, les enfants dépensent en moyenne 150 par visites tandis que les adultes vont jusqu’à 500 yuans. Une aubaine pour le petit commerçant.
La Chine a inventé la poudre à canon il y a 2 000 ans et produit aujourd’hui 90 pour cent des feux d’artifices du monde. En 2009, les revenus de l’industrie chinois s’élevaient à 23 milliards de yuans, selon les chiffres de l’agence de presse étatique Xinhua.
Mais les feux d’artifices sont encore très peu réglementés dans le pays et souvent mal employés. L’année dernière, la municipalité de Pékin dénombrait 1 680 incendies déclenchés par des feux d’artifices, 1 857 personnes blessées. Pour ramasser les déchets laissés par les feux d’artifices, Pékin avait également mis en place 10 000 équipes de nettoyages.