Football Chinois : il suffit de payer pour jouer dans l'équipe nationale

Le football chinois connaît ses heures les plus sombres. L’Association du Football de Chine, venue en remplacement de la Première Ligue en 2004 suite à un scandale de manipulation des résultats de match, est une nouvelle fois au centre de toutes les attentions. Menaces et corruption d’arbitres, manipulation de résultats et monnayage de l’entrée au sein de l’équipe nationale. 

Les autorités avaient prévenu : plus de défaites pour le football chinois, actuellement placé à la 97ème place mondiale. Mais le mois dernier, la lumière a été faite sur une affaire impliquant une vingtaine d’officiels de la ligue du football. 

Au centre de l’affaire, le directeur de la l’Association du Football Chinois, Nan Yong. Nan permettait aux joueurs de monnayer leur entrée au sein de l’équipe nationale, à hauteur de 200 000 yuans pour les adultes et 80 000 yuans pour l’équipe junior, selon le journal Oriental Morning Post. Une aubaine pour les footballeurs chinois en mal de reconnaissance mondiale, qui pouvaient ainsi conclure au passage quelques contrats publicitaires et préparer leur futur international. 

Mais Nan Yong, avec l’aide de son adjoint, n’en est pas à ces débuts dans les affaires de corruption. Les deux avaient déjà été écarté d’un contrat avec British Iphox, le plus ancien sponsor de la ligue chinoise. Suspecté de monopoliser une partie des fonds versés par la société britannique. L’année dernière, Nan Yong avait accepté d’assurer la promotion d’une équipe chinoise du nord de la Chine en échange de la coquette somme de 500 000 yuans. Une action salvatrice pour l’équipe qui s’était vue relayée en première ligue. 

Le football chinois a un passé tourmenté et un futur incertain. Car ce n’est pas la première fois que le sport est sujet aux scandales. Il y a quelques mois, Wang Xin, Wang Po, Zhe Ding et Yang Xu, la version footballistique de la Bande des Quatre étaient arrêtés. Leur système consistait à décider des résultats de match, payant jusqu’à 50 000 yuans aux arbitres avant d’aller parier sur les sites étrangers et empocher de larges sommes d’argent. 

Ces deux histoires ont été jusqu’à monopoliser les plus grandes instances du Parti Communiste. Le président Hu Jintao, et Xi Jinping, favori à sa succession, se sont dit choqués et ont répondu aux affaires en fixant deux but : éliminer les mauvais fruits et amener la Chine à la Coupe du Monde 2014. ‘Les échecs ne seront plus acceptables’. 

Liu Peng, Ministre Chinois des Sports, a demandé que la justice n’épargne personne, ‘nous maintenons un contrôle fort pour résoudre le problème de la corruption au sein du football et permettre un sport en règle. Nous n’aurons pas de pitié pour ceux qui ont violé la loi en manipulant les matchs et en pariant’.