Sichuan ou Tian'anmen : condamnation de Tan Zuoren
La cour a rendu son verdict sur le dossier de Tan Zuoren, activiste impliqué au Sichuan et acteur de Tian’anmen. Mais pour les observateurs, la sentence est ‘politiquement motivée et intentionnellement destinée à faire taire ceux qui en diraient trop’.
Tan Zuoren a été condamné à 5 ans de prison hier. Pourtant, la raison de sa condamnation n’est pas claire. Accusé d’incitation à la subversion du pouvoir de l’état’, Tan a officiellement été condamné pour ses actions commémoratives de la répression étudiante de 1989 sur Tian’anmen : don de sang et échanges d’emails avec le leader étudiant Wang Dan. Mais c’est son essai publié en ligne sur les événements du 6 juin, et qui aurait ‘gratuitement déformé taché et discrédité la gestion légale du gouvernement au moment des incidents’, qui lui est principalement reproché.
Pourtant, pour son avocat Pu Zhiqiang et les observateurs, la condamnation de Tan cache d’autres raisons. En 2008, après le séisme qui a secoué le Sichuan, Tan a passé deux mois à enquêter sur les constructions de mauvaise qualité, principalement les écoles, à l’origine du décès de plusieurs milliers d’enfants. ‘Le moment de son arrestation et les conditions de son procès indiquent clairement qu’il est considéré comme un fauteur de trouble concernant le séisme’, a affirmé Nicholas Bequelin, chercheur en chef du groupe Human Rights Watch.
‘J’ai le sentiment qu’ils essayent d’éviter de parler du séisme. Ils ont peur que cela rappelle aux gens les problèmes du système bureaucratique’, a dit Pu ajoutant : ‘c’est une honte sur le système judiciaire, il n’existe pas de loi suggérant que la commémoration des événements de Tian’anmen est un crime’. Bequelin précise : ‘Il semble que le gouvernement lui même n’est pas confiant dans la légitimité du verdict. Cinq ans pour un tel crime, c’est comme utiliser une masse pour ouvrir une noisette’, a t-il précisé.
Tan est l’une des rares personnes à avoir été condamnée pour avoir exprimé ouvertement son opinion sur la répression du 6 juin 1989. ‘Un élément de la sentence est destinée à décourager l’activisme populaire. Sa sentence est symbolique du destin des fauteurs de troubles et de ceux qui exposent les problèmes. Ils sont un vrai problème pour le gouvernement’, estime Bequelin.
En novembre, Huang Qi a été condamné à 3 ans de prison sur les charges de ‘possession illégale de secrets d’état’ après être venu en aide aux victimes du séisme. Liu Xiaobo, un autre activiste a été condamné en décembre à 11 ans de prison pour subversion. La liste des dissidents et activistes emprisonnés est longue. Une preuve que Pékin n’est pas prêt à accepter les dissidents qui s’opposent à son autorité.
Dans un communiqué qu’il n’a pas été autorisé à lire au moment de son procès, Tan a écrit : ‘s’ils veulent m’envoyer en prison, je serai fier. Etre emprisonné pour mon peuple est un honneur rare’.