Un document sur les victimes du Sichuan nominé aux Oscars

Entre la dispute avec Google, la vente d’armes à Taïwan et la possible rencontre entre Obama et le Dalaï Lama, voici un nouveau problème que le gouvernement chinois va devoir gérer pour éviter qu’il ne ternisse son image : la nomination aux Oscars du meilleur court documentaire intitulé Les désastres artificiels de Chine : Les larmes du Sichuan (China’s Unnatural Disaster : Tears of Sichuan, en anglais). 

Produit par HBO, la société de production télé américaine, le documentaire de 38 minutes porte son attention sur les parents des enfants victimes de l’effondrement de leurs écoles au cours du tremblement de terre en mai 2008 dans la province du Sichuan. Baptisées les ‘immeubles tofu’ en raison de la facilité avec laquelle les écoles se sont effondrées, contrairement aux immeubles officiels qui n'ont subit que de légers dégâts, le documentaire suggère que la corruption soit été à l’origine du manque de vigilance des autorités locales. 

Jon Alpert et Matthew O’Neil, les réalisateurs du film qui a été diffusé pour la première fois sur la chaine HBO l’année dernière, envisageaient de participer au Festival du Film Indépendant de Pékin en 2008. Mais tous les deux se sont vus refuser l’obtention d’un visa. A l’époque, ils avaient indiqué au New York Times leur profonde déception, de ne pas pouvoir ‘discuter du film avec une audience chinoise à Pékin’. Le refus de visa est l’une des méthodes employée par les autorités chinoises pour empêcher toutes les investigations possibles sur le tremblement de terre au Sichuan et les victimes qu’il a fait, notamment au sein des immeubles tofu. 

Dans les semaines suivant le séisme qui avait fait 90 000 morts ou disparus, des parents étaient descendus dans les rues pour demander une enquête officielle aux autorités. Mais dans une nouvelle tentative de faire taire les contestataires, la police avait reçu l’ordre de les placer en détention et de leur offrir des compensations monétaires. Dans l’intervalle, les journalistes qui tentaient d’approcher les décombres des écoles étaient arrêtés et deux avocats qui s’étaient battus afin d'obtenir des réponses, ont été arrêtés et jugés. L’un d’entre eux, Huang Qi, a été condamné à trois ans de prison pour ‘possession de secrets d’états’. 

Suite à la présentation de son documentaire, Qui a tué nos enfants ? au Festival International du Film de Pusan, en Corée du Sud, Pan Jianlin, cinéaste chinois a été longtemps suivit par les forces de sécurité. L’artiste Ai Weiwei, qui a réalisé une liste dans le but de connaître le nombre exact d’enfants tués au cours du séisme, a vu ses aides arrêtées les unes après les autres. Pour avoir assisté au procès d’un autre activiste, Tan Zuoren, l’artiste a lui même été brièvement incarcéré. 

A l’ouverture de l’Exposition Internationale d’Art en 2009 dans le quartier artistique 798 de la capitale chinoise, les organisateurs ont reçu l’ordre d’exclure un certain nombre de participants et leurs œuvres, y compris une vidéo sur le tremblement de terre qui rapportait une discussion entre les parents et autorités locales.

Le documentaire est disponible sur Youtube : 1ère partie, 2ème partie, 3ème partie, 4ème partie et 5ème partie