Lundi 06 Septembre 2010ÉDITION FRANçAISE
Ce n’est pas sans surprise que Pékin a rejeté lundi, à l’issu d’une rencontre entre des cadres du Parti Communiste et des émissaires du Dalaï Lama, la possibilité de donner une plus grande autonomie à la région himalayenne.
Du Qinglin, chef du département du Front Uni du Travail auprès du Comité Central du Parti Communiste a expliqué aux émissaires tibétains que ‘l’abandon total’ de la vision d’un ‘Grand Tibet’, qui inclus en plus du Tibet actuel, une partie du Gansu, du Sichuan, du Yunnan et de l’Inde à l’ouest, et d’une ‘autonomie significative’ sont à présent les conditions nécessaires à la poursuite des négociations, a indiqué l’agence de presse étatique chinoise, Xinhua.
‘Il n’y a pas de place pour la négociation sur les sujets de souveraineté et de territoire ; il n’y aura pas de place pour le compromis’, a affirmé Du. ‘Les principes de l’ainsi-nommé ‘grand Tibet’ et d’un ‘haut degré d’autonomie’ sont contraire à la constitution chinoise. Ce n’est que lorsque le Dalaï Lama laissera complètement tomber ces idées que les négociations pourront avancer’.
Les pourparlers avaient pris fin il y a 15 mois lorsque le chef spirituel tibétain avait suggéré qu’un modèle similaire à celui pratiqué à Hong Kong et Macao soit mis en place au Grand Tibet, qui permettrait ainsi à la région de bénéficier d’une ‘autonomie significative’. Le lauréat au prix Nobel de la Paix avait cependant nié son souhait de voir le Tibet complètement indépendant de la Chine.
Les émissaires du chef spirituel tibétain, Lodi Gyari basé aux Etats-Unis et Kelsang Gyaltsen en Suisse se sont rendus à Pékin pour le weekend afin de participer à deux jours de pourparlers avec les officiels chinois. Cependant, la rencontre qui s’est tenu dans un ‘lieu secret’, aura été futile pour la résolution du conflit entre les deux régions.
Du a par ailleurs réitéré que les négociations ne produiraient aucun résultat si le Dalaï Lama continue sa ‘campagne antichinoise et ses activités de sabotage’. Le chef spirituel, est accusé par Pékin d’être un séparatiste usant de sa notoriété internationale pour ‘déstabiliser la société au nom de la religion’.
Au cours d’une conférence auprès de l’Association Bouddhiste de Chine mardi, Wang Zuo’an, directeur de l’Administration d’Etat des Affaires Religieuses a expliqué que les moines et les nonnes tibétaines devraient être insufflés d’une ‘éducation plus nationaliste’. ‘Ils devraient absolument s’opposer et boycotter volontairement les activités séparatistes et les tentatives de déstabilisation de la société par la clique du Dalaï Lama’, a t-il déclaré.
Suite aux émeutes qui ont secoué la capitale tibétaine en mars 2008, Pékin a lancé une vaste campagne destinée à ‘éduquer’ les moines et les nonnes tibétaines, y compris des séances au cours desquels il leur est demandé de dénoncer le Dalaï Lama.
Des rumeurs semblent confirmer une rencontre entre Barack Obama et le chef spirituel dans le courant du mois de février. Un événement qui dérange, déjà, les autorités chinoises.