La 'Grande Soeur' Goojje lance un appel à son 'Grand Frère' Google

Quelques jours seulement après que Google ait menacé de quitter la Chine, Goojje, ‘shanzhai’ ou copie du ‘Grand Frère’ américain, fait son apparition sur la toile chinoise, appelant le géant à rester dans l’Empire du Milieu. 

Son nom, Goojje, est un jeu de mot sur la sonorité du nom chinois de Google, Guge (谷歌), dont il substitut le ‘ge’, à la même sonorité que ‘gege’ (哥哥) qui signifie ‘grand frère’, par le mot ‘jie’ ou ‘jie jie’ (姐姐) qui signifie ‘grande sœur’. 

Bien que Reuters estime que ‘Goojje a commencé a rivaliser avec Google le 14 janvier’, il est clair par la conception que le site est surtout destiné à faire un clin d’œil au moteur de recherche américain, dont il reprend le logo, et à son concurrent chinois, Baidu, dont il reprend les couleurs. Google n’était pas disponible pour commenter. 

Dans la liste des ‘Sujets du moment’ sur la page d’accueil du moteur de recherche, qui inclus notamment ‘On parle de Goojje dans la presse étrangère’, se trouve le communiqué suivant : 

‘Goojje est née pour la paix. Le monde de l’Internet est devenu harmonieux grâce à l’arrivée de Goojje. Avec Goojje, les frères ne seront plus seuls.
L’équipe de Goojje composée d’une seule personne est trop fragile, nous avons besoin de votre aide. Aimez Goojje. Partagez Goojje avec vos amis’. 

Un autre message publié précédemment exhortait Google, à mots couverts, à rester en Chine : ‘La grande sœur était très heureuse d’apprendre que son grand frère avait laissé tomber l’idée de partir et décidé de rester pour sa sœur’. 

Selon le Henan Business Daily, Goojje aurait été fondé par une étudiante d’une université de la province du Guangdong, mais aucune autre information n’est disponible sur la mystérieuse créatrice qui écrit sur le forum du site : 

‘La raison pour laquelle j’ai réalisé Goojje, en dehors du fait que mon frère allait partir, est de compléter un rêve harmonieux. J’aimerai que Goojje amène un peu de bonheur à chacun…j’aimerai que Goojje aide tout le monde à comprendre la nouveauté d’Internet.’ 

Goojje ne propose pas de résultats différents de ceux de ses ‘frères’, Google Chine et Baidu, et évite ainsi d’être censuré pour des contenus que les autorités estimeraient ‘sensibles’. La créatrice appelle les internautes à ‘l’aider à développer la plate-forme’, une annonce que le projet est amené à durer. Lorsque l’on connaît l’aversion des Net Nanny et autres équipes de censeurs pour ce type de mouvement virtuels, ‘l’harmonisation’ de ‘l’harmonie’ ne devrait pas tarder.