Avatar retiré des salles de cinéma chinoises
Le film Avatar rencontre un énorme succès auprès de l’audience chinoise, mais sa chance pourrait être en train de tourner. Dans les huit jours suivant sa sortie en Chine le 4 janvier, le film aurait rapporté 300 millions de yuans, soit environ 40 millions de dollars, a indiqué le China Film Group. Mais succès ou non, sa projection sera interdite dans les salles chinoises à partir de samedi.
Deux cinémas de Pékin ont confirmé la rumeur, précisant que malgré la popularité continue du film, ils mettraient fin à la projection de la version ordinaire, mais pas à la version 3D.
Avatar devait rester sur les écrans jusqu’au 28 février au moins, couvrant ainsi la semaine de fête nationale liée au Nouvel An. Mais l’annonce du China Film Group a coupé court les ambitions du blockbuster américain. Selon le journal hongkongais Apple Daily, les autorités chinoises souhaiteraient ainsi faire de la place à Confucius, un film à grand budget approuvé par l’Etat, et relatant la vie du philosophe, joué par Chow Yun-fat.
Mais c’est le thème du film qui inquiéterait le plus les autorités. En effet, de nombreux commentateurs et bloggeurs Chinois ont trouvé une résonnance politique à l’histoire du film, comparant la lutte des Na’vi pour protéger leur territoire et leur culture, à celle des citoyens chinois contre le gouvernement et les promoteurs immobiliers.
Dans un article de Huang Hung, journaliste au China Daily, celle ci indique : ‘toutes les destructions forcées des vieux quartiers en Chine font de nous les derniers terriens aujourd’hui à pouvoir réellement comprendre la douleur des Na’vis’. ‘Pour les audiences des autres pays, des expropriations aussi brutales sont inimaginables’, a affirmé Han Han, un blogueur populaire.
‘C’est très similaire’, explique 'Une tasse de thé vert’ sur le forum de discussion lancé par xinhuanet.com, le site de l’agence de presse officielle. ‘En Chine, lorsque les sociétés immobilières veulent un terrain, les résidents locaux doivent déménager immédiatement. S’ils refusent, les sociétés de construction utilisent des méthodes violentes’, ajoute t-elle.
‘Je me demande si Cameron a vécu secrètement en Chine avant de trouver l’idée pour l’histoire d’Avatar, mais en un mot, je pense que le film est un éloge aux ‘maisons clous’ contre les démolitions forcées’, a indiqué sur son blog Li Chengpeng, journaliste sportif renommé, en référence à un habitant de Chongqing ayant refusé pendant plusieurs années de laisser sa maison. Son combat avait laissé l’habitation au milieu d’un chantier de 17 mètres de profondeur.
Il existe plusieurs cas de ‘maisons clous’, toutes ayant attiré l’attention des médias locaux. En 2008 à Shanghai, Rong Pan et son mari envoyaient des cocktails Molotov depuis le toit de leur maison sur les bulldozers. Les deux avaient finalement été arrêtés. En 2009, Tang Fuzhan s’est immolé par le feu en signe de protestation contre la démolition forcée de sa maison.