Vendredi 10 Septembre 2010ÉDITION FRANçAISE
‘Nous pouvons de nouveau envoyer des messages…si vous recevez ce message, s’il vous plait, répondez moi’. C’est l’un des premiers SMS émanant de la province du Xinjiang qui a atteint Pékin et Shanghai samedi à minuit. Une nouvelle qui s'est rapidement répandue à travers toute la Chine
Il aura fallu six mois depuis les émeutes qui ont secoué Urumqi, la capitale de la province Ouïghour, pour que les abonnées téléphoniques soient de nouveau en mesure d’envoyer des messages par portable. Au lendemain des affrontements, les autorités de la province avaient bloqué le service afin d’aider à un ‘retour au calme’.
Un relâchement tout en restrictions cependant. Sur la ligne de permanence dans la région de China Mobile, le fournisseur mobile numéro un en Chine, un message donnait la bonne nouvelle et précisait cependant que ‘pour éviter que le service soit utilisé par des personnes mal intentionnées, chaque usager ne sera autorisé à envoyer que 20 messages par jour’.
Les communications avec l’étranger restent encore très réglementées. Le service de messages à l’international n’a pas été restauré et les résidents de la région qui souhaitent passer un appel à l’étranger doivent se rendre à la branche locale de China Telecom munis d’une pièce d’identité, a indiqué un opérateur de la société.
Selon le magazine Xinjiang Mobile Communication, dirigé par la branche au Xinjiang de China Mobile, les restrictions sur les services de télécommunications dans la région ont été les plus longues et les plus vastes que la Chine connaît depuis sa fondation.
En juillet, les autorités avaient accusé les ‘organisateurs’ d’avoir utilisé Internet et les SMS pour organiser les affrontements qui ont opposé la minorité Ouïghour et la majorité Han au mois de juillet et qui avaient fait 197 morts selon les chiffres officiels. Pékin avait également reproché à des groupes de défense des droits Ouïghours à l’étranger d’avoir aidé à fomenter les violences, une accusation que les groupes avaient cependant niée.
Fin décembre, le gouvernement local de la province avait autorisé une reprise limitée d’Internet, avec un accès à des sites approuvés par l’Etat : l’agence de presse chinoise, xinhuanet.com, l’édition en ligne du People’s Daily et deux sites commerciaux, Sina et Sohu. L’accès aux emails, forums et blogs, reste cependant bloqué.
De nombreux Ouïghours en veulent à Pékin pour la main sévère avec laquelle ils dirigent la région, qui ajoutent aux tensions interethniques. Depuis les affrontements, Pékin a réaffirmé à plusieurs reprises son respect pour les droits des minorités chinoises, notamment au moment des célébrations de la fondation de la République Populaire de Chine le 1er octobre et a dépensé des milliards de yuans afin d’améliorer les standards de vie dans la région.
Illustration AFP