Naissance sous le couteau, un choix en vogue à haut risque
Elles n’ont toujours qu’un enfant, mais les femmes chinoises ont plus systématiquement recours à la chirurgie pour donner naissance. C’est ce que révèle une enquête réalisée par l’Organisation Mondiale de la Santé. Un choix à haut risque qui se révèle dangereux pour la santé des femmes.
L’enquête réalisée dans neuf pays asiatiques a montré que le recours à la chirurgie prenait des ‘proportions épidémiques’, selon les termes du rapport publié sur le journal médical The Lancet. Mais c’est en Chine que les découvertes sont les plus dramatiques : 46 pour cent des naissances sont aujourd’hui réalisées par césarienne, parmi lesquelles un quart seulement sont considérées médicalement utile, précise le rapport.
Un choix qui ce fait malgré un prix plus élevé et des risques plus importants de complications pour les mères. ‘La sécurité relative de l’opération entraine les gens à penser que c’est aussi sûr qu’une naissance par voie naturelle’, explique le Dr. A. Metin Gulmezoglu, co-auteur du rapport.
‘De nombreuses femmes enceintes demandent une césarienne en Chine, mais nous suggérons qu’elles accouchent par voie naturelle’, explique le Dr. He Yuanhua à l’Hôpital Obstétrique et Gynécologique Antai à Pékin. ‘C’est mauvais d’avoir autant de naissances par césariennes parce que la voie naturelle est idéale’.
Dans beaucoup de pays en voie de développement, les raisons coïncident avec la richesse de la famille. Mais les hôpitaux aussi jouent un rôle dans le choix des femmes : ils seraient environ 60 pour cent à proposer systématiquement une césarienne, désireux de gagner plus. En Chine, des femmes optent pour la chirurgie qui leur permet de choisir la date de la naissance après un passage chez les ‘diseurs de bonne aventure’, qui leurs suggèrent les jours ‘chanceux’. D’autres craignent la douleurs ou croient, par erreur, qu’elle présente moins de risque.
‘Je pense que c’est plus sûr pour la mère et pour l’enfant d’avoir recours à une césarienne et ma famille est plus tranquille parce que c’est simple et très commun aujourd’hui’, explique Wang Li, une jeune femme de 25 ans qui vient de donner naissance à son premier enfant. ‘Les gens s’inquiètent parfois que l’utilisation d’outils pour tirer le bébé pourrait endommager son cerveau’.
Et pourtant, les résultats de l’organisation médicale a montré que les risques étaient surtout pour les mères qui sont 1.9 pour cent à être admis en soins intensifs après une césarienne non essentielle, contre 0.5 pour cent pour les femmes ayant accouchées naturellement. De même, les risques de décès pour la mère passent de 2.3 pour cent à 1.6 pour cent respectivement.