La Chine, premier exportateur mondial en 2009
Toujours friande de records, la Chine vient de dépasser l’Allemagne, jusqu’alors à la première place du podium en terme d’exportations. Malgré la forte baisse de ses ventes à l’étranger, conséquence directe de la crise financière, la puissance asiatique retrouve sa forme et profite de la reprise économique, ont indiqué les statistiques du commerce extérieur publiées vendredi.
La première économie européenne, dont l’excédent commercial s’est encore accru en novembre, reste toutefois un champion du commerce extérieur avec 1.050 milliards de dollars de biens vendus hors de ses frontières sur les 11 premiers mois de l’année 2009, selon l’institut allemand Destatis. La Chine a pourtant réussi l’exploit de la dépasser, exportant l’équivalent de 1.070 milliards de dollars sur la même période.
L’année avait pourtant mal commencé pour le géant chinois. La crise financière avait vu une baisse constante de la demande pour les produits chinois, mais au cours des dernières semaines de l’année, les exportations ont repris de manière plus favorable que ce que les experts estimaient.
Le ministre adjoint chinois du commerce, Zhong Shan, avait indiqué fin décembre que ‘la Chine allait probablement supplanter l’Allemagne pour devenir le premier exportateur mondial’ sur l’ensemble de l’année 2009, malgré le ralentissement des exportations dû à la crise économique mondiale et une baisse estimée des exportations chinoises de 16 pour cent sur un an.
Un porte-parole de l’Administration Générale des Douanes de Chine (GAC en anglais) a indiqué que la prouesse chinoise représentait ‘un tournant décisif’ pour le pays. Selon les économistes et statisticiens chinois, les derniers chiffres sont une indication que les fabricants de l’empire du milieu, qui assemblent principalement des équipements avec des composants étrangers, se sont montrés résilients pendant la crise et profitent largement de la reprise alors que leurs clients se remettent à faire des stocks.
Mais la place de numéro 1 mondial ne pourra être confirmé qu’au mois de février, au moment où le pays européen publiera ces chiffres pour l’année. En attendant, les nouvelles données risquent de raviver le débat des pays concurrents au géant asiatique sur une réévaluation de sa monnaie.
Menés par les Etats-Unis, les compétiteurs considèrent qu’il est injuste que le géant asiatique ait été autorisé à continuer à fabriquer des produits à bas prix en gardant un yuan faible. Pékin explique depuis longtemps qu’elle ne donnera pas de liberté économique au yuan tant que l’économie nationale de serait pas suffisamment forte pour compenser les restes de la baisse des exportations.
Pourtant la compétition entre les deux puissances reste ouverte. La Chine, dopée par le niveau du yuan, est devenu l’atelier du monde dont les industries d’exports ne dégagent que de faibles marges tandis que le ‘made in Germany’ génère une forte valeur ajoutée. En 2010, la Chine va devoir faire face à une ‘situation encore plus compliquée’, étant donné les incertitudes sur la demande mondiale et la stabilité du taux de change du yuan tandis que, du côté allemand, les analystes redoutent un ralentissement de la demande extérieure, jusque-là tirée par les plans de relance des Etats.
Illustration AP