Copenhague : la Chine critique les petits objectifs des pays riches

La Chine, le plus gros émetteur de gaz à effet de serre, a accusé mardi les pays riches les plus gros émetteurs de CO2 de s’engager sur des objectifs à la fois peu ambitieux et décevants. 

Après une semaine de diplomatie discrète, le négociateur en chef chinois, Su Wei, a indiqué que les objectifs du deuxième plus gros émetteur du monde, les Etats-Unis, ‘ne sont pas notables’, que ceux de l’Union Européenne ‘ne sont pas suffisants’ et que les pré conditions japonaises ‘sont impossibles’. 

Depuis quelque temps déjà, la Chine demandait que les pays développés s’engagent de manière forte au cours des pourparlers qui se tiennent à Copenhague, au Danemark jusqu’au 18 décembre mais de telles critiques n’étaient pas attendues. 

L'annonce des objectifs de Pékin et Washington à quelques jours d'intervalle avait laisser entrevoir la possibilité que les deux avaient conclu un accord. Mais l’attaque chinoise après seulement deux jours d’échanges dans la capitale danoise, suggère que les désaccords de longue date entre le nord et le sud sont loin d’être terminés et ébranle les espoirs d’arriver à un consensus global sur le climat d’ici la fin du sommet la semaine prochaine. 

Su a tourné en ridicule l’aide financière annuel de 10 milliards de dollars américains allouée par les pays riches, la qualifiant de goutte dans l’océan. ‘Si nous la divisons par la population mondiale, cela revient à moins de 2 dollars par personne’, a t-il expliqué. ‘Cela ne couvre pas le prix d’un café dans les pays riches et celui d’un cercueil dans les pays pauvres, qui sont les plus touchés par le changement climatique’, a t-il indiqué. 

Su a expliqué que le succès des pourparlers de Copenhague seraient directement liés à l’objectif apporté à la table des négociations par les Etats-Unis, le deuxième plus gros émetteur de CO2 après la Chine. Il a rejeté la cible proposée par le président américain, Barack Obama. ‘Actuellement, l’objectif est de réduire de 17 pour cent d’ici 2020 les émissions de CO2 sur la base de 2005, je pense que nous sommes tous d’accord que ce chiffre ne peut pas être considéré remarquable ou notable’, a annoncé Su au cours d’une conférence de presse en marge du sommet. 

 Pour lui, les demandes des pays riches sur les nations pauvres violent les accords internationaux qui les autorisent à privilégier leur croissance économique, estimant d'autre part que la devrait être mis sur les Etats-Unis dont l'impact sur le changement climatique est supérieur.

Deux jours de sommet sur le climat ne présagent pas que l’accord global tant espéré puisse voir le jour. L’espoir des organisateurs se porte sur la semaine et demie restante, sans quoi le futur de la lutte contre le changement climatique pourrait être reporté...indéfiniment.

Illustration AP