Corruption : de nouvelles restrictions sur les fonctionnaires
Selon une nouvelle règle rapportée par le Southern Metropolis hier, les fonctionnaires de Shenzhen (sud) dont les familles ont émigré ou vivent à l’étranger, surnommés les fonctionnaires ‘nus’ par les médias locaux, ne pourront plus être promus à des postes hauts placés au sein du gouvernement provincial.
Cette régulation est la première du genre dans le pays, et la première d’une longue série dont le but serait de vérifier les comportements des officiels dans la zone économique spéciale et d’enrayer la corruption au sein du gouvernement.
Les fonctionnaires déjà à la tête de départements ne seront pas autorisés à prendre en charge des fonctions en lien avec les audits, la finance ou les ressources humaines si leurs conjoint et enfants sont résidents à l’étranger. Cela pour assurer qu’ils n’aient pas recours à leur pouvoir pour des gains financiers.
Ils ne seront également pas autorisés à faire le premier commentaire au cours de réunions de prise de décision. De cette façon, ils ne seront pas en mesure de dissuader d’autres officiels à faire des commentaires contraires aux leurs.
Sous une règle séparée, Shenzhen renforcera l’effort national qui stipule que les fonctionnaires doivent obligatoirement déclarer, sous leurs propres noms, leurs revenus, leurs investissements et leurs biens. Leurs conjoint et enfants sont également à présent contraints de déclarer leurs avoirs, qui ne seront cependant pas rendus publics.
Ces nouvelles dispositions interviennent après que des cas de corruption impliquant de hauts fonctionnaires et les membres de leur famille vivant à l’étranger, aient été révélés.
Les officiels conduisent souvent des entreprises privées sous le nom de leurs femmes ou de leurs enfants tout en protégeant leur nom pour s’assurer une protection politique. Avoir de la famille à l’étranger permet de fuir plus facilement et de protéger l’argent qu’il est alors difficile de récupérer.
En février, Pang Jiayu, ancien vice-président de la Conférence de Politique Consultative du Peuple de la province du Shaanxi a été condamné à 12 ans de prison pour avoir accepté des pots-de-vin. Sa femme et ses enfants avaient immigré au Canada peu de temps après qu’il ait pris son poste en 2002.
Wang Yukai, un scientifique politique auprès de l’Administration de l’Ecole Nationale, a indiqué que l’approche de Shenzhen était un moyen pratique de superviser les leaders. ‘Cela permettra d’enrayer l’abus de pouvoir en séparant les rôles des fonctionnaires et de surveiller leurs conjoint et enfants’, a t-il dit.
Mais pour Poon Siu-to, observateur politique à Hong Kong, ce n’est pas une solution. ‘Qu’en est-il des fonctionnaires corrompus qui demandent à leurs maitresses ou à d’autres parents d’émigrer et leur transfèrent de l’argent ? Qu’en est t-il des hauts fonctionnaires qui interviennent dans des projets en faisant des allusions à leurs subordonnés?’