Copenhague : un engagement chiffré pour réduire les émissions

  La Chine a révélé son premier engagement chiffré pour limiter les émissions de gaz à effet de serre, deux semaines avant le sommet international sur le changement climatique à Copenhague. 

Pékin a annoncé que le pays réduirait son ‘intensité de carbone’ de 40 à 45% d’ici 2020, sur la base des niveaux de 2005. L’intensité de carbone, la mesure préférée de la Chine, représente la quantité de dioxyde de carbone émise pour chaque unité de PIB. 

Mais pour beaucoup d’observateurs, il faudra à la Chine encore plusieurs années pour atteindre son objectif. Son économie est encore en croissance et principalement alimentée par le charbon, fortement polluant. 

Le sommet des Nations Unies de Copenhague, qui doit se tenir entre le 7 et le 18 décembre, a pour but de mettre en place un traité remplaçant le Protocole de Kyoto signé en 1997, même si certains estiment que les chances d’arriver à un consensus sont minces. 

Pékin a également indiqué jeudi que le premier ministre chinois, Wen Jiabao, se rendrait en personne à Copenhague pour participer aux discussions. Une confirmation tombée un jour après que le président américain Barack Obama ait annoncé qu’il serait présent au sommet. 

Les Etats-Unis, deuxième plus gros pollueur mondial après la Chine, a indiqué que le président Obama offrirait de réduire les émissions américaines de 17 pour cent d’ici 2020 sur la base de 2005. 

Une offre bien inférieure aux attentes de l’Union Européenne, du Japon et des scientifiques des Nations Unies, qui se basent sur des chiffres de 1990. 

La base des chiffres des Etats-Unis correspond à quelques points de pourcentage seulement, ses émissions ayant augmenté de 15 pour cent depuis 1990. 

Alors que l’Union Européenne s’engage à réduire ses émissions de 20 pour cent sur la même base ou de 30 pour cent si l’engagement est mondial. Et beaucoup moins encore que les chiffres demandés par les pays en voie de développement (entre 25 et 40 pour cent). 

C’est la première fois que la Chine s’engage avec des chiffres concrets sur l’écologie. Selon un communiqué du Conseil d’Etat à Pékin, ‘c’est une action volontaire prise par le gouvernement chinois sur la base de ses propres conditions et une contribution majeure à l’effort global sur le réchauffement climatique’, a indiqué l’agence Xinhua. 

La Chine montre ainsi qu’elle souhaite jouer un rôle primordial dans la lutte contre le changement climatique, s’engageant à planter des forêts, à inciter ses usines à utiliser plus efficacement les carburants et à développer son industrie verte. 

Selon Yang Ailun, manager de campagne de Greenpeace en Chine, ‘La Chine fait définitivement un pas dans la bonne direction mais nous pensons qu’elle peut faire mieux que ça’.