Vendredi 10 Septembre 2010ÉDITION FRANçAISE
Malgré des appels répétés de Washington et d’autres économies, la Chine a rejeté la pression faite sur elle pour une réévaluation de sa monnaie, le yuan ou renminbi (l’argent du peuple). Réaffirmant cette position, l’économiste Yu Bin, directeur des macroéconomies du Centre de Recherche du Développement au Conseil d’Etat, a indiqué qu’une appréciation du yuan pourrait porter préjudice à la croissance économique chinoise en 2010.
Le journal hongkongais Wen Wei Po, qui a publié les déclarations de l’économiste qui participait à un groupe de réflexion à Pékin, a indiqué que la projection de croissance de 8.5 pour cent de la Chine en 2010 pourrait diminuer et il en résulterait à une baisse de la consommation si la valeur de la monnaie chinoise était réévaluée.
Entre juillet 2005 et juillet 2008, les autorités chinoises, qui contrôlent strictement les fluctuations du yuan, ont autorisé une appréciation lente et modérée de 21 pour cent.
Lors de la rencontre de samedi à Pékin, Yu a indiqué que l’économie chinoise pourrait rencontrer de nombreux risques si le dollar continuait à être dépréciée contre les autres principales devises.
Cependant, selon Yu, la Chine se trouve à un croisement décisif : ‘si le renminbi est réévalué trop rapidement, cela entrainera un éclatement des exportations chinoises tandis qu’une appréciation trop minime attirera plus de capitaux en Chine, créant une instabilité financière des marchés’.
Pour leur part, les ministres des finances des 21 pays membres de l’Apec ont confirmé leur attachement à ce que les ‘taux de change soient guidés par le marché’, dans une allusion implicite au yuan, une monnaie non convertible.
La Chine fait depuis des années l’objet de pressions pour laisser sa devise s’apprécier, notamment de la part de ses grands partenaires commerciaux, Etats-Unis et Union Européenne en tête, qui estiment qu’un yuan trop faible avantage les exportations chinoises.
La semaine dernière, Dominique Strauss-Khan, directeur général du Fonds monétaire international (FMI) avait appelé Pékin à laisser sa monnaie s’apprécier le plus tôt possible, dans son intérêt et dans celui de la planète.
Le secrétaire au Trésor américain Timothy Geithner avait affirmé faire ‘confiance’ à la Chine pour qu’elle réévalue sa monnaie face au dollar comme le demande Washington, mais s’est bien gardé de répéter que la Chine manipule sa monnaie, comme il l’avait fait au début de l’année.
La banque centrale chinoise a récemment modifié sa manière de gérer le yuan, déclenchant de nombreuses spéculations sur les changements que pourrait subir la monnaie chinoise.