Lundi 06 Septembre 2010ÉDITION FRANçAISE
Le procès de Zhou Yongjun, leader du mouvement étudiant pro démocratique de 1989, a commencé dans la province du Sichuan. Un jour seulement après le départ du président américain Barack Obama qui, au cours de sa visite de trois jours, a abordé à plusieurs reprises le sujet des droits de l’Homme en Chine.
C’est la troisième fois depuis les événements de 1989 que Zhou est emprisonné en Chine mais les circonstances de cette dernière arrestation ne sont pas claires. Ne disposant pas d’un passeport chinois valide, Zhou avait tenté d’entrer en Chine avec un passeport Malaysien pour rendre visite à sa famille.
Arrêté par le bureau d’immigration de Hong Kong, il avait été inexplicablement remis aux mains de la police chinoise. Selon Albert Ho, du parti Démocratique de Hong Kong : ‘il nous apparaît que Mr. Zhou a été arrêté à Hong Kong, qui lui a refusé l’entrée sur le territoire mais au lieu d’être renvoyé dans l’aéroport d’embarquement d’origine, il a été envoyé en Chine sans son consentement. C’est une situation extrêmement alarmante pour la population hongkongaise’.
Mr. Zhou, 42 ans résident permanent aux Etats-Unis depuis 1992, attendait d’obtenir l’asile politique. Il est à présent jugé pour une affaire de fraude fiscale impliquant une banque hongkongaise. Mais selon son avocat, Chen Zerui, les accusations de fraude sont sans fondement tandis qu’Amnesty International dénonce un procès politiquement motivé et un prétexte pour le gouvernement de punir Zhou pour ces années d’activisme.
Zhang Yuewei, la petite amie de Zhou qui vit à Los Angles, a indiqué à la presse avoir ‘appris des avocats qu’il est jugé aujourd’hui, mais le processus a été tenu secret’. Une amie de Zhou Yongjun en Chine a affirmé qu’elle n’avait pas été autorisée à entrer dans le tribunal, rempli d’officiels du parti. ‘Ils ne veulent pas de publicité sur ce dossier’, a t-elle affirmé mais n’a pas souhaité que son nom soit publié.
C’est parce que Zhou n’est pas un ressortissant américain que Washington se limite à intervenir formellement, tandis que les autorités chinoises n’ont pas d’obligation de tenir les Etats-Unis informés.
Dans ses allocutions publiques au cours de sa visite de trois jours, le président Obama a indiqué son espoir de voir plus de respect des droits de l’Homme dans la Chine communiste, mais a évité de mentionner des cas spécifiques en public sans que l’on sache s’il en a parlé avec son homologue chinois, Hu Jintao, en privé.
Zhou a été arrêté pour la première fois en 1990, accusé de contre révolutionnaire mais libéré sans poursuite un an plus tard. En 1998, il a été condamné à trois ans dans un camp de travail pour avoir passer la frontière illégalement à son retour de Chine où il était venu rendre visite à ses parents.