La Chine censure l'appel d'Obama à moins de contrôle de la toile

C’est la première fois que le président Barack Obama est reçu par son homologue chinois, Hu Jintao. Au cours d’une conférence de presse très attendu ce matin à Pékin, les deux leaders ont évoqué le protectionnisme, la reprise économique, Taïwan, le climat, la Corée du Nord et souligné vouloir travailler ensemble malgré les désaccords. 

Le président américain a également souligné, comme hier à Shanghai devant les étudiants de l’université de Fudan, la question sensible de la censure sur Internet et de la liberté d’expression dans le pays. ‘Je suis un grand supporter de l’absence de censure’, a affirmé Obama. ‘Je reconnais que chaque pays a des traditions différentes. Je peux vous dire que le fait que nous avons aux Etats-Unis un Internet libre – ou un accès à Internet non restrictif – est une source de force et je pense que cela devrait être encouragé’. 

Mais le message de Barack Obama n’a pas été largement entendu dans le pays, où ses mots étaient bloqués sur la toile et uniquement diffusés sur la chaîne régionale de Shanghai, Xinwen Zonghe. La seule source d’écoute émanait donc du site de la Maison Blanche, bien que non censuré mais avec un téléchargement lent et souvent interrompu. 

Le consulat américain à Guangzhou avait par ailleurs mis en place un compte Twitter qui donnait la possibilité aux bloggeurs de réagir en direct. Pourtant Twitter n’est accessible en Chine, que par ceux ayant trouvé le moyen de passer au travers du Grand Firewall de Chine. Xinhuanet proposait également des textes mis à jour et des photos. 

Le discours prononcé par Obama en ouverture de la session de questions réponse a été considéré bien moins critiques de la Chine que certains discours de ces prédécesseurs : Bill Clinton en 1998 et George W. Bush en 2002. Pourtant, Obama n’a pas pu bénéficier d’une retransmission en direct sur la télévision nationale, contrairement à Clinton et Bush. 

Plus tard, les journaux chinois effleuraient le sujet et aucune trace ne restait sur Internet. Un bloggeur a cependant dénoncé la suppression d’un échange de commentaires sur le portail NetEast, au bout de 27 minutes. 

Avant sa visite, certains observateurs ou organisations avaient redouté qu’il ne sacrifie la défense des droits de l’Home sur l’autel des grands dossiers comme le changement climatique ou la lutte contre la crise économique pour lesquels les deux puissances sont de plus en plus interdépendantes.