Xinjiang : les USA s'en mêlent

Le gouvernement américain a réagi vivement après l’annonce, par les autorités chinoises, de l’exécution de neuf autres Ouïghours considérés comme responsables dans les émeutes de juillet au Xinjiang qui ont fait au moins 197 morts Hans, selon Pékin. 

‘Le gouvernement américain continue d’exhorter la Chine à ce que les détentions et le processus judiciaire relatifs aux violences à Urumqi soient menés de manière transparente’, a déclaré le porte-parole du département d’Etat américain, Ian Kelly. 

‘Nous exhortons également la Chine à faire en sorte que les droits de tous les citoyens chinois au regard de la loi soient respectés conformément aux règles internationales’, a t-il ajouté. Des responsables de l’ambassade des USA à Pékin auraient abordé ces questions avec le gouvernement chinois. 

En réponse, la Chine a défendu sa décision d’exécuter neuf autres émeutiers du Xinjiang, portant à 21 le nombre de Ouïghours condamnés à mort dans la région à dominante musulmane du pays. Pékin a estimé avoir ‘agi en conformité avec la loi’ contre des ‘criminels’. 

Qin Gang, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, interrogé sur les mises en gardes américaines a déclaré : ‘les personnes dont vous parlez sont des criminels impliqués dans les morts à Urumqi le 5 juillet’ et a assuré que ‘le gouvernement chinois a traité ces cas en conformité avec la loi’. 

Des organisations de défense des droits de l’homme ont appelé M. Obama à mieux se faire entendre sur la question en Chine, accusant son administration de minimiser des abus de la part du gouvernement chinois. 

La dissidente ouïghoure en exil, Rebiya Kadeer a jugé que ‘le fait que les autorités chinoises aient l’audace de mener ces exécutions à la veille de la visite du président Barack Obama en Chine montre leur mépris total pour les règles internationales en matière de droits de l’homme’. 

Cette annonce est faite à quelques jours de la première visite officielle du président américain Barack Obama en Chine au cours de laquelle il doit plaider pour un approfondissement des relations sino-américaines. Il exprimera également auprès de son homologue chinois, Hu Jintao, les inquiétudes américaines quant au respect des droits de l’homme en Chine et soulèvera devant lui la question tibétaine, a annoncé Jeffrey Bader, le conseiller d’Obama pour les affaires asiatiques.  

‘Les questions que nous avons à l’esprit sont les questions relatives à la liberté d’expression, à l’accès à l’information, à la liberté religieuse, au respect de l’Etat de droit et certainement, au Tibet’, a t-il dit à la presse.