Le premier ministre chinois Wen Jiabao, en visite en Egypte dans le cadre du forum Chine-Afrique, n’a rencontré aucun officiel du Burkina Faso parmi les nombreux dirigeants africains présents. Ouagadougou est fidèle à l’île taïwanaise depuis 1994.
‘C’est clair, c’est Taïwan. Nous sommes avec Taïwan et cela nous va bien’, a déclaré à l’AFP le chef de la diplomatie burkinabè, Alain Bédouma Yoda. Avec ses 14 millions d’habitants, le Burkina Faso est l’état africain le plus peuplé à résister encore aux sirènes de Pékin. ‘Taïwan est un pays avec lequel le Burkina Faso entretient des relations diplomatiques suivies et une coopération fructueuse’, a t-il fait valoir.
Le Burkina est le quatrième partenaire bilatéral de l’île, après la France, les Pays-Bas et l’Allemagne. L’ancienne île de Formose appuie le pays pauvre d’Afrique de l’Ouest dans de nombreux projets de développement : santé, éducation, hydraulique, agriculture, pêche… C’est avec son aide que Ouagadougou est en train de bâtir le deuxième plus grand hôpital du pays, d’un coût de 47 millions d’euros. Taipei est aussi le principal bailleur de fonds des ‘engagements nationaux’, un programme lancé en 1994 par le président Blaise Compaoré pour la scolarisation des jeunes filles, le développement de la culture irriguée ou encore l’accès à l’eau potable.
Taïwan s’est séparé de la Chine continentale en 1949, à l’issue d’une guerre civile entre communistes et nationalistes. Mais aujourd’hui encore, Pékin refuse de reconnaître sa souveraineté. Sur le continent africain, seuls le Burkina, la Gambie, le Swaziland et Sao Tome et Principe entretiennent encore des relations diplomatiques avec l’île. Ouagadougou continue de militer pour le droit de Taïwan de siéger aux Nations Unies et dans des instances spécialisées.
Pour contrer l’influence du sommet Chine-Afrique, le président Compaoré, au pouvoir depuis 1987, avait même initié avec l’ancien président taïwanais Chen Shui-Bian, le premier Sommet Taïwan-Afrique en septembre 2008.
Mais des voix s’élèvent pour que le Burkina repasse dans le camp de la Chine. ‘Ce n’est qu’une question de temps, le Burkina Faso repartira avec la République populaire de Chine’, assure le président du Forum de l’amitié sino-burkinabèse (FASIB), François Bognini. Son association regroupe des cadres et des opérateurs économiques du pays, tel l’ancien ministre des finances Zéphirin Diabré, actuel patron du groupe Areva pour l’Afrique et le Moyen-Orient. ‘Nous avons rencontré le ministre des Affaires étrangères pour montrer la nécessité de changer de position par rapport à ce grand pays’ qu’est la Chine, fait valoir M. Bognini, cadre de banque.
Le poids démographique de la Chine, son essor économique et politique grandissant sont des arguments de taille pour ceux qui militent en faveur de la reprise des relations diplomatiques entre Ouagadougou et Pékin.
‘Nous restons avec Taïwan mais nous avons des relations avec la Chine au Conseil de sécurité des Nations Unies où nous échangeons sur plusieurs dossiers’, répond le ministre burkinabè des affaires étrangères. ‘Les opérateurs économiques burkinabès ont, avec des opérateurs économiques de la Chine continentale des relations d’affaires avantageuses pour tous, ‘ ajoute t-il.
Un peu comme le village d’Astérix qui résiste seul à l’empire romain, le Burkina Faso se tient aux côtés de Taïwan alors que d’autres nations, plus grandes, se sont très vite soumises aux conditions chinoises pour assurer leur essor économique.
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Friendship Pins