La Chine interdit le traitement violent des accros du wed
Sur son site, le Ministère chinois de la Santé a publié de nouvelles directives sur la définition et le traitement des dépendants à Internet, interdisant toute forme de violence physique et morale.
Cette annonce tombe trois mois après la mort d’un adolescent dans un camp de réhabilitation du Guangxi (Hubei) pour dépendance au virtuel. La mort de Deng Senshan, 15 ans, battu à mort, avait provoqué une indignation nationale et opposé l’opinion publique à ce type de traitements. Elle avait permis en outre, de faire le jour sur d’autres abus physiques et moraux dans des cliniques similaires.
Au moment des faits, la presse locale rapportait que la Chine compte plus de 10 millions d’adolescents dépendants à Internet et au moins 400 cliniques privées de réhabilitation, de type militaire, qui ont recours à la chirurgie, aux électrochocs, aux traitements physiques et médicaux coriaces pour soigner les accros du web. En juillet, le traitement par électrochocs avait été interdit.
Les autorités semblent avoir laissé le terme couramment utilisé de ‘dépendance à Internet’, qui définissait l’addiction et le désordre mental par l’utilisation d’Internet plus de six heures par jour pendant au moins trois mois. Aujourd’hui, ils ne sont plus que ‘quelques jeunes physiquement et mentalement atteints par une utilisation abusive d’Internet’, selon le communiqué du ministère de la santé.
Les nouvelles directives incitent d’autre part, les parents et les professeurs à analyser les causes et à ne pas condamner arbitrairement et frapper les jeunes. Seuls les psychiatres sont maintenant autorisés à diagnostiquer les 'intoxiqués', plutôt que les parents ou le personnel d’admission des camps. Les interdictions portent sur l’atteinte à la liberté individuelle, les corrections corporelles, le recours à la médecine et à la chirurgie. ‘L’intervention psychologique ne doit pas entraîner l’arrêt total de l’utilisation d’Internet qui joue un rôle important dans la vie moderne’, précise le communiqué.
Le docteur Tao Ran, psychiatre à l’hôpital militaire général de Pékin, qui a rédigé les directives l’année dernière, estime que ‘c’est un énorme progrès que les nouvelles directives précisant que seuls les professionnels peuvent diagnostiquer une dépendance à Internet et si les jeunes ont développé une maladie mentale’. Mais pour Tao Hongkai, chercheur à l’Université normale de Wuhan et le premier à préconiser le recours à certains traitements questionne le document : ‘je me demande quel type d’experts le ministère de la santé a consulté avant de rédiger ces nouvelles directives ? Combien d’entre eux ont une expérience pratique de traitement de mineurs dépendants à Internet ?’.
Il est estimé que plus de 60% des 338 millions d’internautes chinois ont moins de 20 ans, a ajouté le ministère de la santé. Mais il refuse d’ajouter la dépendance à Internet dans la liste des maladies mentales, estimant que ‘le concept de ‘dépendance à Internet’ n’est pas encore entièrement défini’.