Internet : plus de contrôle de la toile chinoise?
Difficile d'imaginer comment cela est possible mais c'est pourtant vrai. Le chef de la police a appelé à un contrôle accru de l’Internet sur tout le territoire chinois. Un nouveau signe de la volonté de Pékin de surveiller de très près la plus grande population d’internautes du monde.
‘L’Internet se développe rapidement, il y a beaucoup de lacunes dans le contrôle social et des défis sans précédent se posent en matière de maintien de la stabilité’, a déclaré le ministre de la Sécurité Publique Meng Jianzhu. ‘Nous devons activement mettre sur pied (…) un vaste système de sécurité (…) qui couvre l’Internet et le monde réel’, a t-il ajouté sans fournir plus de précisions.
L’utilisation d’Internet s’est développée à une allure vertigineuse en Chine et compte aujourd’hui au moins 338 millions d’internautes, la plus grande population virtuelle du monde. Mais les autorités gardent le contrôle de la toile. Les autorités de régulation, les policiers du web et autres ‘Net Nanny’ et ‘Spin Docteurs’ censurent les contenus jugés malsains, pornographiques, violents et les commentaires politiques qui passeraient à travers les mailles du filet du ‘Grand Firewall de Chine’.
Toutefois, les internautes chinois ont de plus en plus souvent recours aux proxy, ces servers qui leurs permettent d’accéder aux sites bloqués pour contourner la censure, quand ils ne s’expriment pas en langage codé.
L’Internet est également une plateforme redoutable pour les gens ordinaires qui souhaitent exprimer leurs frustrations contre les injustices qu’ils estiment subir ou pour la dénonciation de corruption de cadres. Même dans un pays ou la toile est extrêmement contrôlée, l’Internet a un pouvoir sans limite.
Une serveuse de 21 ans dans une province du centre de la Chine, qui avait poignardé un fonctionnaire local exigeant des faveurs sexuelles, a été libérée suite à son procès. L'importante mobilisation des internautes lui avait permis d'échapper à une lourde peine de prison à vie ou plus.
Le journal d’état China Daily a annoncé que le gouvernement était de plus en plus concerné par ‘les fausses informations et les nouveaux crimes sur le web’. Les résidents de la région du Xinjiang continuent de subir des pannes de téléphone et d’Internet quatre mois après les émeutes mortelles de juillet dans la capitale, Urumqi. Selon le gouvernement, les séparatistes Ouïghours auraient utilisé Internet et le téléphone pour ‘répandre des rumeurs et inciter à la haine avant les émeutes’.