Xinjiang : les autorités vont 'frapper fort'

Les forces chinoises au Xinjiang (ouest) ont annoncé le lancement d’une campagne baptisée ‘frapper fort’ ‘contre les émeutiers qui fuient la justice et les hors la loi de la région’. La campagne qui a commencé début novembre durera jusqu’à la fin de l’année. 

Le gouvernement régional a également fait le vœu d’anéantir le crime dans la région après que les émeutes de juillet entre Ouïghours et chinois Hans aient fait presque 200 morts et laissé les relations tendues entre les deux minorités. 

Les autorités du Xinjiang ont par ailleurs demandé que des mesures fortes soient prises pour ramener la stabilité, a annoncé un porte-parole du Parti Communiste. ‘A partir du début du mois de novembre, les corps de la sécurité publique au Xinjiang…commenceront une campagne baptisée ‘frapper fort et corriger’ pour aller plus loin dans la consolidation de la stabilité et pour éliminer les menaces à la sécurité’, a t-il ajouté. Les forces de sécurité ‘traqueront les lieux où les criminels se reproduisent’, a expliqué le fonctionnaire. 

Le terme ‘frapper fort’ renvoie à la campagne de nettoyage lancée contre les ‘hors la loi’ par les forces de police chinoises dans les années 80. Des experts juridiques en faveur de reformes en Chine avaient largement critiqué cette campagne qui aurait ignoré les droits des suspects et fixé des quotas d’arrestations encourageant les abus. 

La renaissance de la campagne ‘frapper fort’ par le gouvernement du Xinjiang apparaît comme un nouvel effort pour regagner le support des résidents de la région qui estiment que tous les émeutiers Ouïghours n’ont pas encore été punis. Le mois dernier, un total de 21 personnes ont été reconnues coupables d’avoir participé aux troubles, parmi lesquelles 12 ont été condamnées à la peine capitale. 

La police continue de chercher des suspects impliqués dans les émeutes de juillet et ‘garde un œil ouvert sur les indices et les cas relevant du terrorisme et ayant provoqué des explosions’, a indiqué l’agence de presse Xinhua citant un officiel. 

Au cours des dernières années, la région riche en ressources et stratégiquement située en Asie centrale, a été en proie à de nombreuses attaques à la bombe. Pékin attribue par ailleurs les émeutes aux ‘séparatistes Ouïghours’ qui demandent l’indépendance du ‘Turkestan oriental’. 

Suite au décès de deux Ouïghours en juin dans une usine du sud de la Chine, les Ouïghours du Xinjiang ont attaqué les chinois Hans à Urumqi en juillet, allant jusqu'à porter leurs protestations dans les rues. Les Hans avaient cherché à prendre leur revanche deux jours plus tard et une série d’agressions à la seringue par les Ouïghours en septembre avaient ravivé les tensions dans la province. 

La Chine affirme qu’elle rencontre des difficultés face aux séparatistes Ouïghours au Xinjiang mais des groupes de défense des droits de l’homme ont estimé que Pékin ‘exagérait scandaleusement’ les menaces des militants pour justifier des contrôles stricts dans la région.