Lundi 06 Septembre 2010ÉDITION FRANçAISE
Deux Tibétains ont été exécutés pour leur rôle dans les incendies meurtriers survenus au cours des émeutes de Lhassa, la capitale tibétaine, au mois de mars 2008. C’est la première fois que de telles condamnations dans cette région sont communiquées depuis 2002, a expliqué une organisation étrangère de surveillance.
Lobsang Gyaltsen et Loyak ont été condamnés à la peine capitale en avril dernier sur les charges de ‘déclenchement d’incendies mortels’, selon l’acte d’accusation. Leur date d’exécution n’a pas été communiquée mais des groupes de défense des droits tibétains estiment qu’elles auraient eu lieu le 20 octobre dernier.
Les médias chinois ont rapporté les propos du secrétaire du Parti communiste de la Région Autonome du Tibet, s’exprimant plus d’un an après les troubles meurtriers qui avaient secoué la région himalayenne et qualifiant la lutte contre le séparatisme de ‘très sérieuse’. Zhang a par ailleurs exhorté tous les niveaux du gouvernement, ainsi que l’armée, à accroître leurs efforts pour assurer la sécurité publique, a rapporté le Tibet Daily.
‘Leurs crimes ont mené à de graves pertes humaines et matérielles et profondément ébranlé l’ordre, la sécurité et la stabilité publique’, a déclaré le porte-parole de la Cour à l’issu des procès en avril. Il avait par ailleurs expliqué que ‘les deux condamnés ont commis des crimes graves et que seule leur exécution pourra apaiser la colère du public’.
En mars 2008, les tibétains avaient pris pour cible les migrants Han et les magasins chinois à Lhasa dans des émeutes anti-gouvernementales et incendié le quartier commercial de la ville. Ces violences avaient été les plus soutenues par la communauté tibétaine depuis les années 80. Selon les autorités chinoises, 22 personnes avaient péri mais les tibétains dans la région estiment que ce chiffre est beaucoup trop sous-évalué.
Lobsgang Gyaltsen a été condamné à la peine capitale pour avoir mis le feu à deux magasins de vêtements dans le centre de la capitale tibétaine le 14 mars, provoquant la mort du propriétaire, selon le porte-parole de la Cour Intermédiaire du Peuple de Lhasa. Loyak a reçu la même peine pour être à l’origine de la mort de cinq personnes dans l’incendie d’un magasin de motos de la commune de Deqen, un comté de Lhassa, le 15 mars.
Des peines de mort avec sursis ont également été prnoncées à deux complices supposés, Kangtsuk et Tenzin Phuntshok qui auraient confessé être à l’origine d’autres incendies dans la ville. Quatre-vingt autres personnes, majoritairement tibétaines, ont été condamnées au cours de ‘procès express’ mais le gouvernement n’a pas donné de description détaillée des peines.
Un groupe de tibétains en exil a dénoncé les condamnations, estimant qu’elles étaient politiquement motivées et sans garantie juridique. Les médias étatiques chinois ont rapporté que les procès étaient ouverts et les accusés représentés par des avocats. Des affirmations qu’il est impossible de vérifier dans la mesure où le Tibet est strictement interdit aux journalistes étrangers.
Les ressentiments tibétains contre le gouvernement chinois ont été alimentés par la forte répression culturelle et religieuse. Des rancunes identiques sont à l’origine des émeutes survenues au Xinjiang en juillet dernier.