Google : l'Association des Droits d'Auteur de Chine se rétracte

L’Association des droits d’auteur pour les œuvres écrites de Chine a admis avoir induit en erreur les écrivains chinois la semaine dernière, en accusant Google, qui a scanné des milliers de livres pour sa bibliothèque numérique, d’avoir enfreint les droits en matière de copyright. Elle se rétracte aujourd’hui, annonçant simplement qu’elle n’a pas utilisé le bon terme légal. 

Le directeur de l’association, Jia Jifeng, a reconnu avoir utilisé le mauvais terme légal. ‘En fait, la phrase aurait dû être ‘droits de reproduction’, a expliqué Jia ajoutant qu'il n'avait pas utilisé ce terme parce qu'il pensait 'que les auteurs ne comprendraient pas. Ils sont familiers avec l’expression droits d’auteur alors nous leur avons simplement dit que Google avait enfreint les droits sur leurs œuvres’. 

Alors que les éditeurs ont besoin d’acheter les droits pour la publication d’un livre, dans une grande partie du monde, les bibliothèques sont exemptées de droits de reproduction, ce qui signifie qu’elles sont autorisées à photocopier ou scanner un livre sans payer les auteurs. 

Mais le mal était fait. Les allégations ont provoqué un tollé émotionnel parmi les écrivains, croyant que leurs livres étaient en téléchargement libre depuis la bibliothèque numérique de Google aux Etats-Unis. Ils ont sévèrement critiqué la société américaine dans les médias chinois. 

Des critiques qui ont été largement rapportées par les médias chinois : Xinhua, la China Central Television (CCTV), la China National Radio et les principaux journaux du pays, créant ainsi une nouvelle vague de colère contre Google au sein de la population. Un internaute a déclaré qu’il boycotterait le moteur de recherche parce qu’il ‘méprise la Chine’. 

La société américaine est régulièrement la cible des autorités. En juin, Google, qui est le concurrent direct du moteur de recherche chinois Baidu, était accusé de fournir des liens vers des sites aux contenus pornographiques. Au plus fort des contestations, les autorités avaient menacé le géant de suspendre les serveurs chinois du groupe. 

Tout en maintenant que le scan des livres pour la bibliothèque numérique ne constituait pas une violation, Google a annoncé qu’il compenserait les écrivains chinois à hauteur de 60 dollars par livres. Une annonce mal reçue par ces derniers qui considèrent que la société américaine ‘vole’ et ‘traite injustement les Chinois’.