Lundi 06 Septembre 2010ÉDITION FRANçAISE
Le fondateur d‘un groupe qui a défié le Parti Communiste en appelant notamment à la tenue d’élections multipartites, a été condamné à dix ans de prison, a affirmé un groupe de défense des droits de l’Homme.
Guo Quan, ancien professeur d’université à l’Université de Nankin, ancien juge et fondateur du Nouveau Parti démocratique de Chine, a été emprisonné pour ‘subversion du pouvoir de l’Etat’ dans un tribunal de la province du Jiangsu (est), a indiqué l’organisation Human Rights in China, dont le siège est à New York. Le tribunal de Suqian qui l’a jugé n’a pas pu être joint.
Guo a été détenu à de nombreuses reprises depuis 2007 lorsqu’il a été remercié de l’université de Nankin où il tenait le poste de Conseiller pour les candidats au doctorat, après avoir publié sur Internet des articles et des courriers adressés notamment au président chinois Hu Jintao et au président du Congrès National du Peuple, Wu Bangguo.
En 2008, il a fondé le China New Democracy Party qui revendique 40 millions de membres, parmi lesquels des ouvriers au chômage, des soldats retraités et des fermiers qui avaient perdu leur terre. Ses écrits faisaient référence aux problèmes sociaux en Chine et appelait à un changement du système politique.
L’avocat de Guo a annoncé qu’il est accusé d’avoir formé un groupe illégal, recruté des membres et publié des articles sur Internet pour ‘renverser le système socialiste au nom de secourir les faibles’. ‘Cette sentence ne tient pas d’un point de vue légal car avoir recours à des moyens pacifiques et rationnels pour adresser une pétition ne peut être considéré comme une subversion du pouvoir de l’Etat’, a estimé l’avocat de Mr. Guo.
Les poursuites pour ‘subversion du pouvoir de l’Etat’ sont fréquentes et la qualification juridique assez vague pour permettre aux autorités de museler les voix dissidentes. Le Parti communiste chinois (PCC), qui règne depuis 1949, contrôle entièrement la vie politique. Bien que d’autres partis politiques soient tolérés, ils ne sont pas autorisés à exercer de vrai pouvoir et restent entièrement sous la coupe du PCC.