Vendredi 10 Septembre 2010ÉDITION FRANçAISE
Obama vient de remporter le Prix Nobel de la Paix 2009 pour ‘encourager ses efforts dans le désarmement nucléaire et ses extraordinaires progrès pour renforcer la diplomatie internationale et la coopération entre les peuples’, selon l’Institut du Nobel Norvégien. Pourtant, comme l’an passé, les activistes chinois se trouvaient en bonne position parmi la longue liste de lauréats potentiels et comme l’an passé, ils ne l’ont pas eu, évitant peut être ainsi des protestations émanant de Chine en ce qui concerne ce qu’elle décrit comme ses ‘affaires intérieures’.
Parmi les lauréats potentiels se trouvait Hu Jia, l’un des activiste chinois les plus éminents et coordinateur des ‘Avocats aux pieds’, une association qui combat les injustices à l’aide des lois existantes. En avril 2008, Hu est condamné à trois ans et demi de prison pour ‘incitation à la subversion de l’Etat’, selon l’acte d’accusation, après avoir dénoncé un scandale de contamination du Sida à grande échelle dans le Henan. Il avait très largement franchi la limite du tolérable du point de vue du gouvernement en s’exprimant auprès de la presse étrangère. Un autre candidat, Wei Jingsheng, a passé dix-sept ans en prison pour avoir appelé à une réforme du système communiste. Il vit maintenant exilé aux Etats-Unis. Wei est également connu pour ses écrits sur ‘la cinquième modernisation’, dénonçant publiquement les conditions dans les prisons chinoises et critiquant la situation au Tibet.
Bien que la liste des nominés soit un secret bien gardé, la rumeur courrait que d’autres noms chinois en faisait parti mais avait peu de chances de succès : Chen Guangcheng, Gao Zhisheng, Liu Xiaobo et Sun Wenguang, tous activistes emprisonnés ou forcés à l’exil. Dans le passé, la Chine a, à de nombreuses occasions, exprimé sa désapprobation quant à l’attribution du Nobel de la Paix à un dissident et qui serait vu comme un affront à son gouvernement. En 1989, le Prix Nobel de la Paix avait été attribué au Dalai Lama, la reconnaissance mondiale de son statut avait donné quelques migraines au gouvernement chinois.
Le directeur de l’Institut International de Recherche pour la Paix, Kristian Berg Harpviken avait pourtant exprimé avant l’annonce officielle que le Nobel ne serait très probablement pas donné à un chinois en 2009, expliquant que ‘l’attribution du prix à un dissident chinois en 2008, avant les Jeux Olympiques, aurait eu un impact plus fort’. D’autant plus que deux parlementaires norvégiens se trouvent parmi les membres du Comité Nobel et ne souhaitent probablement pas s’opposer à Pékin.
Le comité Nobel n’a pas attribué le prix de la Paix à un dissident chinois, mais au président américain Barack Obama en poste depuis sept mois seulement et qui n’a pas souhaité rencontrer le Dalai Lama en visite à Washington, avant sa visite en Chine en novembre. Coïncidence ou stratégie politique, il est clair que dans ce domaine, le point de vue du gouvernement chinois est un poids lourd dans le monde.